Carnet de Farfaya

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Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mer 14 Avr - 18:25

Nom : Di Scali, mais ça fait bien longtemps que ce nom de famille n'a plus aucune signification pour moi...

Prénom : Farfaya est le nom que j'ai reçu en passant Valar il y a des années, dérivé de l'italien "farfalla" qui signifie "papillon". Le prénom que j'ai reçu à ma naissance est Ada, mais j'ai également porté bien d'autres prénoms... notamment celui de Catherine, sous lequel je suis connue dans quelques états d'Amérique.

Age : je suis née en Italie, dans un village aux alentours de Florence en septembre 1974, faites le compte...

Rang : Heren Istarion

Pouvoirs : métal, ubiquité, morphe

Animae : Denaro, un tigre blanc un peu plus grand que la moyenne aux yeux argentés...

En couple avec : Edward

Amis : Ambre, Reia, Mana, Azylis ?...

Elèves : Nashoba, Akira, Neliel, Amely, Kaoru, Yuna, Ireyelle, Diao

Ennemis : aucun... ou du moins, vous ne pouvez les connaitre...


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Ven 16 Avr - 14:15

Valhalla, la nuit du 13 au 14 avril
(Petite musique gentille ^^)

"Italie, Toscane.

Un début d'après-midi ensoleillé...et une chaleur à crever. Dans le ciel bleu azur, aucun nuage pour filtrer les violents rayons de lumière qui s'abattent sur le monde en contre-bas. Une coquette villa de pierre ocre trône au sommet d'une petite colline plus élevée que les autres. Un parc à l'herbe jaunie s'étend depuis une terrasse exposée au sud jusqu'au pied de la colline, où subsiste une petite marre, vestige d'un lac pourtant assez vaste. Les cigales chantent, et quelques buses tournoient désespérement dans le ciel, à la recherche d'un quelconque gibier assez fou pour sortir de son terrier malgré une telle chaleur.

Sur la terrasse, deux chaises longues de plastique blanc semblent littéralement fondre au soleil, bien que l'une d'entre elle soit occupée. Uniquement vêtue d'un petit bikini à fines rayures rouges et blanches, une jeune fille étendue sur une des chaises recouverte d'une serviette de plage prend le soleil, bien que son teint soit déjà joliment hâlé. Grande, très mince, elle semble dormir, sa longue chevelure brune et sauvagement bouclée répandue en un sombre halo autour de son visage à la mâchoire carrée et aux lèvres fines. Derrière elle, un jeune homme lui ressemblant trait pour trait referme délicatement l'imposante porte fenêtre menant à la terrasse, un sourire malicieux sur les lèvres. Il repousse une boucle brune qui vient de lui tomber dans les yeux, qu'il a plus noirs que l'onyx, et s'approche en catimini, pieds-nus, vêtu simplement d'un short de bain bleu et jaune encore humide et d'une chemise blanche ouverte.

Encore quelques pas et il se retrouve à côté de la jeune femme, qui semble n'avoir rien remarqué, un léger sourire sur les lèvres. Il admire un moment la silhouette endormie, une expression indéchiffrable sur le visage, puis tend une main, lentement...Pour l'abaisser brutalement sur l'épaule de la jeune fille.

- Baaaah !!!! s'exclame t-il en riant, sûr de son petit effet.

Mais la jeune fille réagit à peine, un franc sourire sur les lèvres, et le garçon se redresse et recule, boudeur.

- Tu m'as entendu ? bougonne t-il en croisant les bras.
- Tu es plus bruyant qu'un troupeau d'éléphants qui charge...mais tu t'améliores, répond la jeune fille en se redressant...avant d'éclater de rire devant la mine déconfite du garçon. Pleures pas Angelo, un jour, peut-être, t'arrivera à m'avoir, lui dit-elle en riant, avant de lui tirer la langue et de se rallonger sur sa chaise longue comme si ne rien était.
- Un jour peut-être, gnagnagna...marmonne t-il en s'agenouillant à la hauteur de la tête de la jeune fille.

Il soupire un bon coup, accoudé à la chaise longue, le menton en appui sur ses bras, avant de lever la tête pour observer quelques secondes le ballet des rapaces dans le ciel. Puis il abaisse la tête, contemple le visage de la jeune fille et commence à jouer avec une des longues boucles sombres qui cascadent sur les bord de la chaise longue. Il se relève soudain, se passe une main dans les cheveux, sur la nuque, regarde une nouvelle fois la jeune femme, fait un pas vers les portes vitrées.

- Qu'est ce que tu veux, Angelo ? demande soudain la jeune fille, les sourcils froncés, légèrement agacée par le ballet du garçon.
- Monter à cheval avec toi ! s'exclame le garçon en revenant vers elle en sautillant, le visage illuminé d'un sourire enfantin.
- Il fait beaucoup trop chaud, répond la jeune fille sans même ouvrir les yeux.
- Alleeeeeeez Adaaaaaaaaa !! proteste le garçon en s'agenouillant de nouveau à côté d'elle. Tu veux jamais monter d'abord ! Personne ne monte à cheval dans cette maison, c'est à se demander à quoi servent les écuries !
- C'est une très bonne question, pose-la à papa quand il rentrera.
- Pff, il ne me répondra même pas...
- Alors tu ne saura jamais.
- Ada...
- Quoi ?

Le jeune garçon soupire et lance un regard excédé à la fille. Imperturbable, elle bronze en l'ignorant royalement. Il trépigne sur place, se dirige d'un pas rageur vers la porte vitrée...et revient à la charge, un grand sourire aux lèvres, avant de se placer pile devant la jeune femme, histoire de couvrir un maximum le soleil dont elle se délecte.

- Angelo !! s'exclame t-elle en se redressant brutalement, tu vas me faire chier encore longtemps ?! J'ai dit qu'il faisait trop chaud, on montera plus tard ! s'écrie t-elle, franchement agacée.
- Mais plus tard ce ne sera plus la peineuh !!! réplique le garçon en criant plus fort qu'elle.

Ils se fusillent mutuellement du regard, et Angelo pousse un énième soupir.

- C'est...à cause de Grande Nero...Papa avait raison, il est...un peu trop fort pour moi...Alors, je me disais que, avec cette chaleur, je le maîtriserais peut-être plus facilement...repris le jeune homme en détaillant attentivement le bout de ses pieds nus.

La jeune fille se redresse, repousse son imposante chevelure brune et pousse un grand soupir. Elle contemple un moment le garçon, qui continue à fixer ses pieds d'un air boudeur, puis elle se lève et se dirige vers les portes vitrées à grands pas excédés. Debout, elle est si grande qu'elle dépasse même le jeune homme, pourtant lui même d'une taille excessivement raisonnable.

- Fait seller Grande et Cathima, j'arrive, lance t-elle froidement avant de passer les portes et de les claquer rageusement derrière elle.

Interdit, le jeune homme reste planté là quelques secondes avant de comprendre, puis éclate soudain de rire et se précipite dans la villa à la suite de la jeune fille. Dans le ciel, une buse pousse un cri de joie lorsqu'elle repère un mulot plus stupide que les autres, qui vient de pointer son museau hors de son terrier..."
* * *

Je me redresse violemment dans mon lit, en sueur, mais je m'empêtre dans mes longs cheveux bruns et bouclés et retombe brutalement dans les draps. Bruns et bouclés ?!! Je me lève en catastrophe, mais je suis enroulée dans mes draps et ma peau luisante de sueur accroche le coton comme si j'étais recouverte de glue. Prise au piège comme une mouche dans la toile d'une araignée, je me débat inutilement et finis par tomber du lit, entrainant toute la couette avec moi. J'ai durement heurté le sol de marbre blanc, mais l'avantage est que je suis enfin libérée, et je me relève vivement avant de me précipiter vers ma coiffeuse en boitillant.

Je me réceptionne en m'accrochant au miroir avant que ma cheville ne se dérobe définitivement, puis redresse celui-ci pour vérifier mon reflet. Le miroir me renvoie mon image aux yeux écarquillés plus noirs qu'une nuit sans lune. Des boucles brunes cascadent autour de mon visage à la mâchoire carrée et aux lèvres fines, et ma peau mate semble presque noire à la faible lueur des étoiles. Plaquant mes mains sur mon visage, incapable de quitter mon reflet des yeux, je ne peux retenir un long hurlement, puis soudain, une vague de haine envers ce visage me submerge, et dans un dernier effort je me jette sur ma coiffeuse, renversant tous les produits qui s'y trouvaient encore, saisis le miroir à pleines mains et l'envoie de toute mes forces à l'autre bout de la pièce, où il se fracasse contre le mur. Mon pouvoir agit enfin, et mes cheveux s'allongent encore un peu, se raidissent brutalement et recouvrent leur couleur violette claire, tendit que mes yeux et ma peau s'éclaircicent pour enfin reprendre leur apparence "normales".


Mon cœur qui bat la chamade est lourd dans ma poitrine, et je me laisse tomber à genoux, les bras serrés contre mon cœur. Une unique larme roule sur ma joue, et j'éclate en sanglot...

...Quelque part dans la forêt, un tigre blanc solitaire relève soudain son museau taché de sang vers la lune, avant de pousser un long rugissement.


Nuit du 13 au 14 avril, tout recommence sans cesse...


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Ven 16 Avr - 17:13

Valhalla, la nuit du 15 au 16 avril

"Il fait si sombre qu'on pourrait croire que c'est l'aurore ou le crépuscule, mais le manque de clarté est seulement dû aux lourds nuages gris qui plombent le ciel d'un camaïeu terne. Une pluie diluvienne s'abat sur le monde en contre-bas, et les pierres ocres d'une jolie villa perchée sur une colline plus haute que les autres semblent sales et boueuses dans ce décors de fin du monde.

Le pays semble déserté, chacun s'étant réfugié bien au chaud chez soi, mais dans le parc qui s'étend de la terrasse de la villa jusqu'au petit lac au pied de la colline, quelque chose cloche. Un éclair zèbre le ciel, illuminant brièvement la scène d'un éclat miroitant réfléchit par la lame d'acier trempé d'un sabre. Quelques secondes plus tard, le tonnerre fracasse le tissu du monde d'un grondement inhumain.

-WAAAAAAAAAAAAAAHOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUHHHHHHHH !!!!!!!!!!!! hurle un jeune garçon, comme en écho au tonnerre.

Grand et mince, ses cheveux alourdit de pluie lui tombent dans les yeux, qu'il a plus noirs que l'onyx, et sa peau mate ruisselle d'eau et de boue. Sa chemise blanche est déchirée et tachée d'herbe et de boue, son jean est dans un état lamentable, et il est bien évidement pieds-nus. Quelques mètres plus bas, se relevant avec difficulté, une jeune femme à la mâchoire carrée et aux lèvres fines repousse rageusement ses boucles brunes détrempées et ramasse son sabre. Son débardeur jaune canari met en valeur sa peau hâlée et ses yeux sombres, bien qu'il soit terni par la boue et l'eau de pluie, et comme le jeune garçon, elle est pieds-nus et en jean. Se redressant avec fierté, elle toise le jeune homme quelques secondes - et attaque.

Sa grande taille n'entrave en rien son extrême rapidité, et le jeune homme pare de justesse. Quelques frappes s'enchainent à un rythme démesuré, puis le jeune garçon, profitant d'une brève ouverture dans la garde de son adversaire, prend soudain le dessus, désarme la jeune femme et l'envoie valser plus loin d'un coup à la poitrine.

- Ben alors Ada ? hurle le garçon pour se faire entendre au travers du fracas de la pluie et du tonnerre. Tu te dégonfle ? Déjà que t'avais pas beaucoup de poitrine, là, pour le coup, tu vas vraiment tout y laisser !! s'exclame t-il en riant.
- J'm'occupe, moi, de ce que t'as dans le pantalon ?! réplique t-elle, acide, mais sans pouvoir s'empêcher de sourire.

Le garçon éclate d'un grand rire, et la jeune femme le regarde, une main sur la hanche, une moue amusée sur le visage. Elle essuie du revers de la main la boue qui macule ses joues, puis se remet en garde. Mais cette fois, le garçon ne lui laisse pas le temps d'attaquer la première, et il frappe, encore et encore. Leur sabres sont d'une facture absolument remarquable, se battre avec est presque un crime.

Le sabre de la jeune femme est dans les tons de violets. La lame d'acier trempé étincelle comme un miroir, nappée d'un reflet mauve très subtil mais néanmoins visible. La tsuba représente des branches de cerisier en fleur, et chaque pétale est serti d'un minuscule quartz rose dans le métal argenté. La poignée est enrubannée de satin parme et mauve, et un filet d'argent maintient les rubans serrés autour du manche. Le pommeau est simple, une grille d'argent nichée entre deux petite ailes d'ange, dans laquelle roule une superbe améthyste taillée en sphère.

Le sabre du garçon est un peu plus long, et la lame semble moins incurvée. L'acier de la lame est si clair qu'il semble blanc, ainsi que tout le reste de l'arme. La tsuba est d'un seul disque de lumière, gravée d'une scène de chasse au faucon, dont les yeux de diamants étincellent. Les rubans blancs qui entourent la poignée sont maintenus par le corps d'un fin serpent, qui semble glisser sur le manche comme sur un lac, et sa tête est le pommeau du sabre. Dans sa gueule ouverte, serti entre ses crocs, un rubis taillé en coeur rougeoie à la lumière des éclairs.

Soudain, alors qu'un nouvel éclair illumine le ciel, la jeune fille dérape et tombe en arrière, à l'instant même où le sabre du garçon s'abat sur elle. Le tonnerre couvre son cri de frayeur, ainsi que le hurlement rageur du garçon qui, dans un effort surhumain, dévie la trajectoire de sa lame quelques secondes avant qu'elle n'entame la chair de la fille. Elle s'écrase lourdement dans la boue, et la pointe du sabre du garçon se plante dans le sol à quelques centimètres à peine de son ventre. Les yeux écarquillés, allongée dans la boue, elle reste immobile quelques minutes, le temps de reprendre son souffle, puis se relève sur un coude pour observer le garçon.

Agenouillé dans la boue, le front contre ses deux mains nouées autour du pommeau de son sabre, il semble avoir des difficultés à reprendre son souffle, et tremble de tous ses membres. Encore étourdie, la jeune femme attend quelques secondes puis se redresse, avant de lever une main pour la poser doucement sur l'épaule du garçon.

- Angelo ?...

Le garçon semble soudain reprendre pied et redresse vivement la tête, croisant le regard de la jeune femme. Puis soudain, il jette rageusement son sabre, et empoigne violemment la fille pour la serrer contre lui. D'abord surprise, elle l'entoure enfin de ses bras, et ils restent enlacés sous la pluie jusqu'à ce que l'ampoule au-dessus de la terrasse ne s'allume.

- Ada ? Angelo ?! Inutile de vous cacher, Brigitta m'a dit que vous étiez dehors, montrez-vous !! hurle une voix féminine depuis la terrasse, l'air plutôt furieuse.

Le garçon relâche doucement la fille et lui adresse un sourire contrit.

- J'ai comme l'impression qu'on va se faire engueuler sévère...murmure t-il.
- Moi, j'ai dans l'idée que ce n'est pas juste une impression, répond la fille en soupirant. Bon, allons-y, que ce soit maintenant ou plus tard de toute façon Brigitta nous a vendus, alors quitte à se faire engueuler, ça passera plus vite si on est crades et trempés que si on commence par la case "bain", dit-elle en se levant pour récupérer son sabre.

Le garçon ramasse son sabre à son tour et se relève, avant d'attraper la fille par le poignet pour l'obliger à lui faire face.

- Ada je...
- Chut ! dit-elle en plaquant sa main sur la bouche du garçon. Il ne c'est rien passé, non ? Alors tais-toi, et quant bien même tu n'aurais pas réussi à dévier ta lame, tu n'aurais pas à t'excuser. Après tout, c'est moi qui t'ai demandé de m'entrainer, non ? Alors chut, conclut-elle en se libérant, avant de commencer à remonter la colline en direction de la terrasse.
- Ah vous voilà !! vocifère une grande et belle femme aux épaisse boucles brunes, qui les attends sur le pas de la porte, à l'abri dans la villa. Alors comme ça, on fait "mumuse" dans le parc quand IL PLEUT AVERSE ??!!!! BANDE D'INCONSCIENT, VOUS AVEZ IDEE DE...

Les deux adolescents se jettent un regard complice et soupirent en cœur, avant qu'une autre femme en uniforme noir, petite et grassouillette, ne les recouvre d'une serviette éponge avant de les faire rentrer. Dans le ciel couleur cendre, un nouvel éclair illumine la villa..."
* * *
J'ouvre lentement les yeux, désorientée, et durant quelques secondes j'ai du mal à différencier le rêve de la réalité. Je n'ose pas bouger, et je reste de longues secondes figée dans mon lit, en proie à une confusion amère. Puis mon pouvoir agit enfin, et ma peau s'éclaircit, mes yeux redeviennent gris clairs et mes cheveux se raidissent et recouvrent leur nuance violette...

Je passe une main sur mon visage aux joues ruisselantes de larmes, et j'étouffe un sanglot. Mais je n'ai pas la force de contenir ma douleur, et au moment ou je vais fondre en larmes, un fort ronronnement retenti soudain dans ma chambre. Je me redresse au moment où Denaro bondi sur mon lit, dont le bois gémit sous son poids, et je renforce immédiatement les pieds du sommier de colonnes de métal. Le tigre blanc s'allonge à côté de moi, et je plonge mon visage dans sa chaude fourrure pour inspirer son odeur sauvage et rassurante. Denaro ronronne de plus belle, et je me rendors paisiblement...

Nuit du 15 au 16 avril, tout recommence sans cesse...mais je ne suis plus seule.


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Dim 18 Avr - 16:42

Valhalla, la nuit du 18 au 19 avril
(Musique qu'il faut prendre au présent ;p)

"Une journée magnifique, comme de coutume dans le sud. Dans le ciel bleu azur, de rares nuages s'effilochent comme de vieux rubans de satin nacré. Sur une coline plus élevée que les autres, fièrement dressée vers le ciel, une villa de pierre ocre défie le monde de trouver plus luxueux qu'elle.

La façade sud, après une jolie terrasse de pierre ocre, descend en une pente assez raide jusqu'à un pauvre lac à demi asséché, mais la façade nord s'ouvre sur un parking de graviers blancs à l'entrée de la villa. A droite, le batiment en U ouvre sur de magnifiques écuries, et à gauche, au centre d'un petit jardin, refletant l'azur des cieux, des éclats de rires nous parviennent d'une titanesque piscine à plusieurs bassins.

- Attention à la bombe !! hurle une jeune femme au sommet du plus haut plongeoir.

Ses cheveux bruns et bouclés collent sur sa peau matte et dégoulinent partout autour d'elle. Grande et mince, ses grands yeux noirs pétillent et son petit bikini à fines rayures rouges et blanches masque sans peine ses maigres atouts féminins. En bas, un jeune garçon lui ressemblant trait pour trait et une autre jeune fille aux longs cheveux blonds s'écartent rapidement en riant.

La grande brune saute une fois, deux fois, trois fois...avant de se jeter dans le vide, mi-hurlant, mi-riant. Elle se roule en boule pour effectuer plusieurs pirouettes avant, avant de s'écraser lourdement dans l'eau en une bombe magistrale. Le garçon et la fille, qui ne s'étaient pas assez éloignés, se prennent nombres de vagues et d'éclaboussures avant de remonter à la surface en riant et toussant. La brune remonte à son tour, et tout trois éclatent de rire.

- T'es complètement folle ! s'exclame le garçon en riant.
- Un pari est un pari, j'ai gagné ! répond la brune en riant, le doigt fièrement pointé sur le garçon.
- Ah non, non, non, je ne crois pas, il reste encore mon tour ! proteste la blonde à l'air malicieux.

Elle s'éloigne des deux autres pour sortir de la piscine en se hissant sur le rebord, négligeant l'échelle quelques mètres plus loin. La brune l'observe à la dérobée, et on peut lire une étrange expression dans son regard, un mélange d'affection, de jalousie et d'indifférence face à cette potentielle concurrente dans le coeur du garçon. Il faut dire que, outre sa longue chevelure blonde, ses yeux gris clairs et ses tâches de rousseur, son maillot deux pièces noir uni moule à la perfection sa silhouette fine mais pulpeuse...Ce qui n'échappe pas à l'oeil avisé du garçon, qui l'observe avec un mélange de désir et d'admiration.

De tout cela, la blonde ne sait évidement rien, et elle se dirige maintenant vers le plongeoir en laissant une traînée humide derrière elle sur le dallage blanc. Elle gravit un à un les barreaux de l'échelle, puis, une fois sur le plongeoir, s'avance précautionnement vers le bord.

- Putain, c'est haut quand même, marmonne t-elle en reculant vivement, en proie soudain à un violent vertige.

En bas, les deux autres attendent en vain qu'elle saute, mais comprennent bien vite que quelques chose cloche.

- Cassi ? appelle la fille en commençant à se diriger vers l'échelle.
- Cassiopea ?! reprend le garçon tendit que la blonde commence à trembler, si fort que le plongeoir vibre sous ses pieds, accentuant encore son vertige.

La blonde veut parler, veut crier, elle veut revenir en arrière pour s'accrocher au bord, elle veut redescendre de là, mais elle reste désespérement muette et immobile, complètement paniquée. Sans plus attendre, la fille et le garçon se précipitent hors de l'eau pour allez à son secourt, mais le garçon est plus rapide que la fille, et tendit qu'elle recule pour mieux voir la blonde qui tremble de plus en plus sur son perchoir, il se précipite vers l'échelle et commence à monter.

- Grouilles-toi Angelo !! crie soudain la brune.

La blonde penche dangereusement vers le vide, et si elle chute maintenant, elle risque de louper comme il faut son plongeont, de s'assommer en touchant l'eau, de buter contre le fond de la piscine, d'être complètement désorientée et de se noyer...

- ANGELO !!

Mais à l'instant où la blonde bascule dans le vide, le garçon se précipite à ses côtés et l'attrape par le poignet. Mais la chute est trop engagée, et la blonde entraine le garçon à sa suite sans que personne ne puisse les retenir. Impuissante, la brune regarde le garçon entourer la blonde de ses bras, juste avant qu'il ne heurtent la surface de l'eau et ne sombrent ensemble.

Elle se précipite vers le bord et guette la remontée de ses deux amis, et ils crèvent enfin la surface, le garçon maintenant hors de l'eau la tête de la blonde, apparement inconsciente.

- Viens m'aid...réussit-il à articuler, avant de couler de nouveau sous le poids de la fille.

La brune plonge immédiatement pour aider son frère, et ensemble ils ramènent la blonde aux marches de la piscine.

- Merde...grommelle la brune.
- Tu l'as dit, répond le garçon. Tu crois qu'il faut lui faire du bouche à bouche ? demande t-il, le regard malicieux, sachant que la jeune fille respire plus ou moins normalement.
- Fais-toi plaisir, de toute façon je sais que ça ne la dérrangerait absolument pas, répond la fille en prenant un air pincé.

Il rosit légèrement, avant de tirer la langue à sa soeur. Il se tourne vers la blonde qui n'a toujours pas reprit connaissance, et se penche doucement vers son visage. Ecoeurée, la brune détourne la tête et sort de la piscine pour se diriger vers les chaises longues où sont entassées les serviettes de bains. Quelques instant plus tard, un toussotement retentit, et la brune se retourne pour voir son amie reprendre connaissance dans les bras de son frère.

- Cassi...ça va ? demande t-il, l'air sérieusement inquiet pour elle.
- Je...je crois, répond t-elle, la voix cassée mais l'air en un seul morceau.
- Tu aurais du nous le dire, que tu avais le vertige, lance la brune en retournant s'asseoir près d'eux.
- Mais je ne le savais pas moi même, figures-toi, répond la blonde en souriant, l'air tout à fait remise de sa chute.
- Bon...on rentre ? J'ai faim...coupe le garçon en prenant un air innocent.

Les deux filles le fusillent du regard, avant d'échanger un sourire complice...et de bondir hors de l'eau pour courrir vers la villa.

- Le dernier arrivé est une poule mouillée !! crie la brune sans même prendre la peine de se retourner.

Comprenant soudain ce qu'il se passe, le garçon se jette à leur poursuite en riant.

- C'est pas du jeu, vous n'êtes qu'une paire de sale tricheuses !...crie t-il, et le reste de ses paroles se perd sous une douce brise qui éloigne les dernier nuages dans le ciel..."
* * *

Je m'éveille une nouvelle fois en sursaut, mais ce sont des larmes de rage qui inondent mes joue. Je rejette mes draps avec un cri de rage, en proie à une colère, à une haine qui n'a plus lieu d'être puisque celle à qui elle est destinée, je l'ai déjà tuée de mes mains...

J'arpente ma chambre de long en large comme un animal sauvage, mais on me retient soudain par le bas de ma longue robe de nuit. Denaro me fixe de ses yeux d'acier, le bas de ma robe dans sa gueule. Il ne dit rien, mais ses yeux parlent pour lui, et si ma colère ne s'apaise pas, mais haine elle retombe brutalement. Je caresse le haut du crâne du tigre blanc, le regard dans le vague...

...Avant de me changer en une panthère noire. Je lacère la porte de ma chambre en poussant des feulements rageurs, jusqu'à ce qu'elle cède soudain, et je m'engouffre dans les couloirs, folle de colère et de douleur, Denaro sur mes talons. Il sait que si je croise la moindre personne sur mon chemin, il se devra d'intervenir pour m'empêcher de réduire en charpie le malheureux élève...

La nuit du 18 au 19 avril, ma colère est toujours à l'égale de ma douleur...Cassiopea, ou quelque put être ton véritable nom, je te hais à jamais...


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mar 27 Avr - 0:08

Valhalla, nuit du 25 au 26 avril

"Les vitres de la splendide villa de pierre ocre reflètent le ciel de velour bleu pailleté d'étoiles, tels les plus somptueux diamants de la devanture d'un bijoutier. Un croissant de Lune se mire dans le lac aux eaux noires et paisibles, qui frémit sous le chant des grillons, seul bruit osant encore percer le silence de cette nuit d'été. Sur la façade sud, qui donne sur la terrasse et le parc, presque toutes les fenêtres du quatrième étage sont ouvertes.

L'une d'elle donne dans une chambre aux rideaux oranges et prunes iridescents. La chambre, aux murs de pierre ocre et aux sol de dallage beige, est dans les teintes de prune, orange et fuschia. Dans un collosal lit en chêne aux draps de satin orange, deux jeunes filles dorment paisiblement, dos à dos. L'une, du coté de la fenêtre, a la peau mate et de longs cheveux bruns et bouclés. Ses lèvres fines sont retrousées en fin petit sourire, conséquence d'un rêve heureux, et son visage à la machoire carrée semble paisible...Mais ses yeux plus noirs que l'onyx sont ouvert malgré la nuit avancée, le regard dans le vague, perdu dans les vastes étendues étoilées...L'autre fille est radicalement différente. Sa peau est pâle, presque blanche à côté de celle de sa voisine, parsemée de tâches de rousseur. Elle dort profondément, ses longs cheveux blonds étalés en un halo doré sur l'oreiller. Le bruit de leurs douces respirations accompagne le chant des grillons...

- Cassi ? chuchote soudain la brune, immobile.

Le silence s'installe à nouveau quelques secondes, puis la brune réitère son appel. Une fois...deux fois...trois fois...

- Qu'est-ce que tu veux Ada ?...grommelle la blonde en se retournant paresseusement, avant de frotter d'une main ses beaux yeux gris.
- Angelo...tu l'aimes, hein ? murmure la brune, hésitante.

Silence. La blonde fixe le dos de la brune, une expression impassible sur le visage. La brune se retourne au bout de quelques secondes, les sourcils froncés.

- Reponds, murmure t-elle froidement, et sa voix claque tel l'ordre d'un monarque.
- Ca te gêne à ce point qu'on sorte ensemble ? demande la blonde, une expression à la fois triste et amusée sur le visage.
- Ce n'est pas ça...rétorque la brune en se retournant de nouveau vers la fenêtre. Mais...
- Quoi ? Tu n'as pas confiance ?

La brune grimace, machoires serrées. A t-elle confiance ? Peut-elle faire confiance ? Ou...ne veut-elle pas faire confiance ?...Rejetant doucement les draps, elle se redresse, repousse sa lourde crinière bouclée et va s'accouder à la fenêtre.

- Ce n'est pas ça...murmure t-elle à nouveau. Mais...je ne suis pas idiote. J'ai bien remarqué...que certaines choses chez toi n'étaient pas..."reglo". Tu débarque comme ça en cours d'année...tu es seule...En fait non, c'est stupide, pour quelqu'un qui ne te connais pas et qui ne fait pas attention, tu es parfaitement normale, mais...Moi, je commence à te connaitre. Et tu es tout sauf "normale". Alors...je ne sais pas qui tu es. Ni d'où tu viens. Ni ce que tu veux. Ni si tu vas repartir...Alors...Evite juste de briser le coeur de mon frère. Parce que lui, il t'aime, il t'aime comme un fou, et je me vois mal lui gacher son plaisir en lui disant de se méfier, ou un truc débile du genre...

La blonde, assise dans le lit, fixe son amie, impassible. Puis, doucement, elle traverse le matela, pose ses pieds nus sur le sol et se rapproche de la brune pour entourer sa taille de ses bras.

- Tu as beaucoup d'intuition...dit-elle en souriant. C'est bon, je ne te ferais pas l'affront de démentir que je ne suis pas "normale"...Mais j'aime Angelo. Je l'aime du plus profond de mon âme, je l'ai aimé dès le premier instant, la première seconde où j'ai posé les yeux sur lui. Jamais je ne pourrais lui faire de mal...Dors tranquille, je te promet que tout ira bien...susure la blonde à l'oreille de la brune.

Celle-ci se retourne en souriant, et rend son étreinte à son amie. Elles restent enlacées quelques secondes, puis la blonde rompt doucement cette étreinte.

- Il faut dormir maintenant, murmure t-elle en prenant son amie par la main pour la mener au lit.

A la fenêtre voisine, un jeune garçon à la peau mate et aux cheveux bruns et bouclé est assis sur le rebord de la fenêtre. Torse nu, il sourit à la Lune et aux étoiles, une marguerite à demi fanée à la main."
* * *

J'ouvre les yeux brutalement...Pour les refermer rapidement, éblouie par la lumière du soleil qui filtre au travers de mes larges fenêtre. Denaro dort paisiblement au pied de mon lit, et je me concentre sur sa respiration lente et mesurée. Petit à petit, mon souffle s'accorde au sien, et je me calme lentement pour atteindre un certain état de sérénité passagère.

La nuit du 25 au 26 avril...Cassiopea...Les flammes de l'Enfer sont encore trop douces pour toi...


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Ven 28 Mai - 17:39

Valhalla, nuit du 27 au 28 mai
(Pour mettre l'ambiance ^^)

"Splendide nuit d'été, comme toujours dans cette partie de l'Italie. Au pied d'une colline plus élevée que les autres, un lac à demi-asséché reflète pourtant des ombres flamboyantes aux teintes de rouge et d'or. C'est peut-être parce que la villa de pierre ocre qui trône à son sommet est en flamme. Façade sud, la dernière vitre intacte explose sous l'effet de la chaleur. Coté nord, l'allée de graviers blancs attend désespérement la venue des pompiers, qui semblent se faire désirer. De toute façon, il n'y a plus grand chose à sauver, et le feu atteint maintenant les écuries, à droite, dans lesquelles résonnent depuis un moment déjà les hennissements terrorisés des chevaux qui n'ont pas réussis à défoncer la porte de leur box.

Le lieu semble désert, et pourtant...si l'on passe la titanesque porte d'entrée de la villa, complètement défoncée, que l'on slalome un moment parmis les débrits de verre et les meubles explosés, qu'enfin on gravit une première volée de marches de pierre ocre et que l'on gagne un petit salon, ou plutôt ce qu'il en reste, on trouvera, cerné par les flammes, le corps d'une jeune fille inconsciente. Sa longue chevelure brune et bouclée est étalée en un hallo sauvage autour de son visage, visage qu'un mauvais coup à l'arcade innonde de sang, et ses lèvres fines sont fendues du haut de la lèvre supérieure presque jusqu'au menton. Sa main droite est crispée sur la poignée d'un sabre dont la lame, irrisée de mauve, est brisée en deux morceaux, et dans sa main gauche, elle serre une petite bague en or blanc, représentant un papillon de profil
aux ailes incrustées de minuscules améthystes.

Le feu gronde tout autour d'elle, mais un ouragan ne pourrait la tirer de son sommeil. La vieille villa craque de toute part ; touchée aux fondations, il ne lui en faudra pas beaucoup plus pour qu'elle s'effondre. Heureusement, la jeune fille remue...Elle se redresse avec difficulté, et le sang séché se craquelle sur son visage lorsqu'elle se relève en grimaçant. Jetant un coup d'oeil vitreux au reste du sabre qu'elle tient dans la main, elle s'immobilise une seconde...avant de le jeter au loin. Puis elle regarde la bague, posée au creux de sa paume...et une larme roule sur sa joue. Puis une autre, et encore une autre...avant qu'elle ne se mette à tousser. Pliée en deux, elle serre bien fort la bague dans sa main, avant de se diriger vers les escaliers. Elle a de la chance, ils sont en pierre, et le chemin pour les atteindre n'est pas trop encombré. Elle les descend aussi vite qu'elle le peu, avant de s'immobiliser, trois marches avant la fin. Elle est complètement piégée, l'incendie ne lui offre aucune issue, et elle commence à suffoquer...En haut, elle sait qu'elle n'a aucune chance. C'est par là ou rien. Serrant les poings, elle remonte tout en se débarrassant de sa veste légère de lin blanc, et s'arrête une seconde sur le pallier, cherchant des yeux les restes de son sabre. Le trouvant enfin, elle se précipite pour empoigner la lame et une bonne poignée de boucles brunes, avant d'abattre le tranchant sans pitié. Elle coupe, encore et encore, les larmes ruisselant toujours sur ses joues, jusqu'à ce qu'il ne lui reste qu'un carré court et quelques mèches plus longues devant le visage. Déchirant sa veste, elle se confectionne un turban visant à protéger son visage et son crâne, avant de redescendre. Le tout ne lui a pas pris une minute, et une fois au pied des marches, elle calcule son coup dix secondes...avant de s'élancer dans les flammes.

Elle court aussi vite qu'elle peu, les flammes lèchent son corps sans trop la brûler, elle saute au-dessus d'un meuble, enjambe un tapis, sprinte dans un dernier couloir...et se jette par une fenêtre ouverte. Elle atterrit lourdement dans un massif d'arômes, mais la terre moelleuse soigneusement entretenue par les jardiniers amortis un peu sa chûte. Elle reprend son souffle quelques secondes, avant de se redresser péniblement, direction : les écuries, la bague toujours serrée dans sa main gauche. Elle atteint le bâtiment presque intact et s'engouffre dans la double rangée de box en courrant, file au fond, à la sellerie, récupérer le filet et la selle du cheval qu'elle compte prendre, avant de revenir vers son box. Le fier étalon noir, aux origines espagnoles, se cabre et hennit tant qu'il peut, balançant de violents coups de sabots dans la porte de son box, sa robe de nuit luisante de sueur. Il va être marrant à seller, celui-là...Mais la jeune fille n'a pas le temps de rigoler. Hôtant son turban de fortune, elle se hisse sur la porte du box et se jette sur la tête du cheval, tissus en avant.

L'animal n'apprécie pas du tout et la jette contre le mur, achevant de lui broyer les côtes, mais elle serre les dents et tient bon. Quelques coups de sabots plus tard, l'étalon s'avoue vaincu et s'immobilise enfin, aveuglé par le tissus noué autour de sa tête. La jeune fille le selle sans ménagement, l'enfourche et le lance au galop. Paniqué, l'animal s'élance sans comprendre, fuyant les flammes et l'odeur de mort qui plane sur la villa..."
* * *
Je m'éveille doucement, sentant presque l'odeur de la fumée et la morsure des flammes sur ma peau. Dehors, il fait nuit noire...on doit être en plein milieu de la nuit. Poussant un profond soupir, je restais immobile encore quelques secondes, avant de me redresser. Denaro, allongé au pied du lit, me fixe de son regard métallique, miroir du mien, ses pupilles réfléchissant la faible lueur des quelques étoiles parsemant le ciel. Puis, souriant comme moi seule pouvais le voir, il m'adressa un léger clin d'oeil. Sans plus attendre, je bondis de mon lit, ocelot avant d'avoir touché terre, pour m'engouffrer dans le couloir à toute vitesse...


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mar 15 Juin - 12:29

Valhalla, nuit du 14 au 15 juin
(Pour mettre l'ambiance ;p)

"Quelque part, en Italie, perdu sur une petite route de campagne, un magnifique étalon noir avance péniblement, tête basse. L'animal, aux origines espagnoles, a fière allure malgré son air abattu, avec ses membres fins et secs, sa croupe rebondie, son encolure épaisse et musclée et ses longs crins légèrement ondulés. La pluie qui tombe à seau a vaguement nettoyé l'écume maculant sa robe sombre, et il a horreur de sentir cette eau qui lui ruisselle jusque dans les oreilles, mais il n'a plus la force de résister. Roi déchu, vaincu depuis longtemps, il fait ce qu'on lui a ordonné - c'est à dire d'avancer. Pourtant, il n'en faudrait pas beaucoup pour faire chuter sa cavalière, dont la tête basse dodeline de droite à gauche au rythme des pas de sa monture, ses courtes boucles presque noires dissimulant son visage à la mâchoire carrée et aux lèvres fines. Grande, mince, la peau pourtant sombre de ses bras porte des stigmates rougeoyants, probablement des brûlures, ainsi que quelques cloques.

Complètement épuisé, l'étalon s'arrête soudain. Il n'a plus la force d'avancer, et sa cavalière inerte ne lui demandera surement pas de comptes s'il n'avance plus, alors ça lui va, il veut juste rester ainsi, immobile, car avancer est devenu trop difficile. Sa cavalière ne réagit pas immédiatement, puis, au bout de quelques longues secondes, elle relève difficilement la tête, dévoilant son visage tuméfié. Un coup au côté gauche du visage, juste sous son sourcil, saigne encore légèrement, et le pourtour de son œil est violacé - le tout aurait mérité deux ou trois points et un peu de glace, mais ce n'est rien face à la plaie qui fend sa lèvre boursoufflée, presque jusqu'au menton. Les yeux clos, elle rejette la tête en arrière, offrant son visage douloureux à la pluie qui nettoie le sang et rafraichit sa peau cuisante, avant d'ouvrir lentement ses yeux noirs et ternes. Balayant les alentour d'un regard morne, elle semble petit à petit prendre conscience de l'endroit où elle se trouve.

Ramassant alors les rênes, qui pendent sur l'encolure de sa monture, elle donne des jambes, légèrement, une fois, deux fois, et l'étalon reprend alors sa route, sans même essayer de protester. La cavalière vient de repérer un petit village tout près, et, quelques minutes plus tard, les sabots de l'étalon claquent sur les pavés lorsqu'ils passent l'entrée. La cavalière sait ce qui lui reste à faire, elle a besoin de soins, de manger et d'une bonne nuit de sommeil, mais elle sait aussi qu'elle n'a pas d'argent, et qu'elle est probablement recherchée...Mais elle n'a plus la force de réfléchir clairement, et de toute façon, elle ne veut pas réfléchir. Mettant pied à terre avec difficulté, elle titube et se raccroche à la selle le temps de se reprendre. Passant les rênes par-dessus l'encolure, elle commence à avancer, regardant autour d'elle sans trouver ce qu'elle cherche. Elle traverse tout le village ainsi, et lorsqu'elle arrive à la porte opposée, elle s'arrête, soupire...et recommence à marcher lorsqu'elle trouve enfin ce qu'elle cherche.

Un peu en retrait, perdue au milieu de ses terres, une belle maison en pierre trône à l'écart du village...et on peut voir d'ici les écuries. Prenant la direction de cette maison, la jeune fille tente d'imaginer un prix raisonnable pour sa monture. L'étalon de pure race est jeune et vaut une belle fortune, mais elle sait aussi qu'il est difficile à monter...et surtout, qu'elle est partie sans ses papiers - elle n'a donc aucune preuve de la pureté de ses origines. De plus, elle tient à ce que l'acheteur jure qu'il ne le revendra jamais, pour le cas où elle pourrait le récupérer, un jour...et ça, ça risquait de peser lourd dans la balance des négociations.

Enfin, ce qui lui semble une éternité plus tard, elle arrive dans la cour de la maison, s'avance, ou plutôt se traine, jusqu'à la porte, et frappe quelques timides coups. Au bout de quelques minutes, la jeune fille désespère, car même après avoir réitéré deux fois son appel, personne ne vient lui ouvrir. Mais alors qu'elle s'apprête à faire demi-tour, soupirant, le verrou coulisse et la porte s'ouvre sur une femme potelée aux cheveux gris. Son regard noisette et bienveillant pétille encore de malice, enfin là, pour le coup, elle jauge sa visiteuse d'un regard à la fois méfiant et horrifié.

- Oui ? interroge t-elle enfin.
- Bonjour, répond la jeune fille d'une voix rauque, qu'elle tente d'adoucir en se raclant la gorge, je voulais savoir si vous étiez intéressé par ce cheval. Je...n'ai pas ses papiers, mais si vous êtes connaisseurs, vous pourrez constater qu'il est de pure origine espagnole et...

Elle ne peut rien dire de plus. Le sol tangue violemment sous ses pieds, et elle se sens tomber sans rien pouvoir faire, sombrant dans un abîme sans fond, inconsciente avant d'avoir touché terre...


* * *

- Ada ?
- ...Quoi ?
- Je vais partir.
- ...
- Je suis recherchée. Je me suis cachée ici trop longtemps, ils m'ont retrouvée. Ils savent qui vous êtes...et ce qui me lie à ton frère. Je dois partir.

Le silence s'installe dans la chambre, simplement ponctué par le chants des cigales. Assise à son imposante coiffeuse en chêne massif, une jeune femme à la peau mate vient tout juste de retirer la dernière épingle de son chignon, libérant ses lourdes boucles brunes, qui cascadent sauvagement plus bas que son siège. Elle porte une longue robe
blanche et vaporeuse, bordée de dentelle, marquée sous la poitrine par une ceinture de satin rouge. La robe est simple, mais visiblement hors de prix...tout comme la parure de rubis et diamants dont elle vient de se défaire, posés sur le bord du meuble comme s'il s'agissait de simples bijoux fantaisie.

Interdite, elle fixe son amie au travers de son miroir, ses yeux de nuit maquillés d'un halo charbonneux pour en faire ressortir la profondeur, avant de se retourner pour la regarder pour de bon. La jeune femme, sa longue chevelure couleur or rassemblée en une tresse à faire pâlir un épis de blé négligemment posée sur l'épaule, les bras croisés sur sa robe de satin argent, dont les yeux semblent réfléchir l'éclat métallique, est adossée au mur, une expression impassible sur son fin visage marbré de tâches de rousseur.

- Cassi...
* * *

- Tu es réveillée ? chuchote t-on tout près de son oreille.

Désorientée, la jeune femme ouvre doucement les yeux, cligne deux ou trois fois...et les refermes. Puis les réouvre, avant de lever une main, passant un doigt sur sa blessure à la lèvre. Elle n'a plus vraiment mal...juste une désagréable sensation de tiraillement, et sous ses doigts, elle sens des strips posés à intervales régulier, depuis le début de la plaie, au-dessus de sa lèvre supérieure, descendant presque jusqu'au menton. Levant un peu plus le bras, elle frôle son arcade, où la aussi, elle sens deux petits pansements. Se redressant légèrement, elle parcourt la pièce du regard. Elle se trouve dans une grande chambre mensardée, dont les poutres apparentes au plafond ont étés peintes en jaune pâle pour illuminer la pièce. L'intérieur est simple et sobre, très clair et lumineux, et elle est installée dans un colossal lit aux draps blancs. Ses plaies sont propres et soignées, et elle est vêtue d'une chemise de nuit blanche dix fois trop grande pour elle, dont les manches trop longues ont été relevés. Elle croise enfin le regard noisette d'une femme potelée à l'air bienveillant, assise à son chevet.

- Eh ben, tu peux te vanter de m'avoir fais une belle trouille !! s'exclame la femme en retrouvant le sourire. Tu t'es effondrée comme une masse, le médecin est venu et c'est occupé de toi, il a dit que tu te remettrais, mais vraiment, tu nous as bien fait peur !! Ton cheval est en bas, aux écuries, mais que faisais-tu, seule sur les routes ?? Et qui t'as fais ça ? C'est vilain, tu sais, je suis au regret de t'annoncer que tu garderas la cicatrice...Tient, tu es maigre comme un coucou, j'espérais que tu te réveillerais pour la goûter, je t'ai fais une belle soupe...
- ...où je suis ? coupa la jeune femme, interrompant la femme dans son élan.
- Plus tard, éluda t-elle tendit qu'elle récupérait un plateau, posé sur une commode, et revenait vers le lit. Redresses-toi et goûte moi cette soupe, tu m'en dira des nouvelles, assura t-elle en souriant.

Interdite, la jeune femme obéit, scrutant cette femme aux cheveux gris rassemblés en un chignon avec de grands yeux étonnés. Et elle n'est pas au bout de ses surprises..."
* * *

Je me réveille en gémissant, et je repousse les draps qui me collent à la peau. J'ai chaud, je me sens mal, mais je ne peux pas gagner mon refuge...et Denaro est sorti.

La nuit du 14 au 15 juin...le piège se referme.


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Sam 17 Juil - 17:57

Valhalla, nuit du 17 au 18 juillet

"Quartier le plus mal famé, New-York, 00:03

Un jeune homme, vêtu d'un vieux sweat, baskets sales et parapluie noir se presse dans la rue, passant de profondes zones d'ombre inquietante aux puits de lumière blafarde dispensée par les néons des peep shows, lumière guère plus rassurante que l'obscurité la plus complète. Il bénit la pluie qui tombe à seau, recroquevillé sous son parapluie, pluie diluvienne que les dealers et proxénètes habitués du coin n'ont pas osé affronter ce soir. Ce soir, il peut rentrer (presque) tranquille à ce petit hôtel miteux où il loue une chambre depuis maintenant 6 mois.

Oui c'est ça...presque 6 mois qu'il a quitté l'Italie, son pays, sa terre natale. Où jamais personne ne lui forcera à remettre les pieds. Plongé dans ses pensées, le jeune homme aux courtes boucles brune et à la peau sombre ralenti légèrement, bien à l'abri sous son parapluie noir. Il a beau vivre dans l'un des quartiers les plus mal famés de la ville, risquer chaque soir une agression de la part d'un quelconque ivrogne ou nymphomane, être exploité par le crétin de patron de ce fichu bar pour gagner tout juste de quoi survivre, il préfère, et de très loin, cette vie là à celle qu'il avait pu mener en Italie durant les quelques semaines qui avaient suivi...Non, ne pas penser. Ne pas penser. Oublier. Ne pas penser. Redescendant brutalement sur terre, le jeune homme se redresse, son regard d'onyx soudain plus dur que l'acier. Il ressert son sweat autour de lui, redresse son parapluie et allonge sa foulée, impatient de regagner sa chambre, aussi miteuse qu'elle soit.

Quartier le plus mal famé, New-York, 00:04

Quatre silhouettes noires, dissimulées à l'angle d'une rue, appuyées contre un mur, guettent l'arrivée imminente de leur nouvelle proie. Cagoulés et armés, les agresseurs dégagent l'aura noire et assurée de ceux qui savent ce qu'ils ont à faire...et qui n'hésiteront en rien. La victime n'aura absolument aucune chance. Ils sont trop entrainés, trop habitués à tuer. Abattre ce jeune idiot ne sera qu'une formalité. De l'autre côté de la rue, la lame d'un poignard reflète soudain l'éclat d'un néon rosé. Le signal est faible...mais visible pour ceux qui l'attendent. Lentement, les six agresseurs sortent de l'ombre, l'arme à la main.

Quartier le plus mal famé, New-York, 00:05

Allez, courage, dernier angle et on sera dans la bonne rue, il suffira de tracer sur quelques 200 mètres pour atteindre l'hôtel, et la pluie a presque cessé, ce n'est pas magnifique ? Souriant à l'avance à l'idée de la bonne tisane chaude qu'il va prendre avant de s'offrir une bonne nuit de sommeil, le jeune homme n'est plus attentif et ne remarque pas l'éclat rosé qui perce soudain l'obscurité, de l'autre côté de la rue. Il n'est plus qu'à quelques mètres, se prépare à tourner...et se heurte à un homme cagoulé, entièrement vêtu de noir. Son cœur loupe un battement, le sang quitte son visage, ses mains sont glacées.

Voilà. La seule chose qu'il redoute depuis plusieurs mois est sur le point de se produire. Il recule d'un pas, referme son parapluie, le regard dur. Il est terrorisé...mais sait ce qu'il a à faire. Il sait qu'il ne fait pas le pois face à six types armés, bien qu'il les dépasse tous d'au moins une tête, mais ils ont un point faible. Un seul. Si tant est que ça en soit un...

Leur trop grande assurance. Avant même qu'ils ne se soient tous massés autour de lui, le jeune homme frappe. Un coup de parapluie en pleine tête, le premier homme à portée s'effondre sans comprendre, inconscient avant d'avoir touché terre. Son Colt lui échappe des mains et glisse sur l'asphalte détrempée...jusqu'aux pieds du garçon. Il ne lui faut pas plus d'une secondes pour se décider, se baisser et ramasser le flingue, qu'il arme sans hésiter. Il ne vise même pas, tend les bras et tire. L'impulsion lui meurtri les épaules, lui arrachant une grimace, et le tir résonne dans toute la rue, mais la discrétion n'est plus sa priorité. Il tire, trois fois, abattant les hommes qui lui font face, puis se tourne vers les deux autres qui arrivaient depuis l'autre côté de la rue, étonné d'être encore debout. Pourquoi n'ont-ils pas tiré ?...Peut-être parce qu'ils gisent au milieu de la rue, leur sang formant déjà une flaque sombre sous leurs corps sans vie.

Définitivement terrorisé, le garçon recule précipitamment, les yeux écarquillés, hors d'haleine, glacé de l'intérieur. Qu'est-ce que ?...Un souffle, dans son dos. Une expiration furtive, un léger sifflement. Un violent coup sur la nuque. Sonné, le garçon s'effondre, l'arme toujours en main. Luttant contre l'inconscience, il tourne la tête, de plus en plus difficilement, croise le regard du septième homme embusqué. Il veut lever le bras, tirer, sauver sa peau à n'importe quel prix, même celui de la vie d'un autre. Mais son bras retombe, inerte, et la dernière image que le jeune homme emporte avant de sombrer, c'est celle de ce regard, bleu, translucide...et glacial.

Quartier le plus mal famé, New-York, 00:08

La rue est calme, le silence de la nuit simplement ponctué par les grésillements d'un néon défaillant et le chuchotis de la pluie qui va en faiblissant. Mais ces quelques gouttes suffisent à nettoyer les tâches de sang qui marbrent la chaussée, à l'angle d'une rue déserte..."
* * *

Voilà maintenant plusieurs heures que je suis réveillée, perturbée par ce rêve au moins aussi détestable que tous les autres. Assise sur l'encadrement de ma fenêtre ouverte, j'observe d'un œil morne la pluie tomber en fines gouttelettes, maudissant ma foutue conscience. Pourquoi ne pouvais-je enfin vivre en paix ? Aurais-je un jour le droit à une nuit normale ? Une aube grise et froide remplaçait petit à petit le chaos de mes nuits, chassant la pluie et promettant une journée sans soleil. Soupirant, je quittais mon perchoir pour gagner ma salle de bain, espérant que l'eau chaude me ferait du bien...

La nuit du 17 au 18 juillet, qu'est-ce qui m'empêche de gagner mon refuge ?...


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Dim 15 Aoû - 19:45

ZAZIE - Avant l'amour


Je t'aime, c'est rien de le dire
A quoi ça va me servir
Si c'est pour souffrir
Et faire souffrir


Je sais mais je sème pourtant
Le doute et le tourment
Sait-on seulement quand
On aime vraiment


Combien de jours avant l'amour
Combien de fois dans une vie
C'est qu'on, c'est qu'on fait tout pour
Se détourner de lui


Combien de jours avant l'amour
Combien de jours on se donne
Sans faire de mal à personne
C'est quand l'amour


Au nom, au nom de l’amour
Les murs et les clochers
Et la guerre déclarée
Ce que je vois
C’est la peine qu’on se donne
Là, dans ma rue se côtoient
Salam et Shalom
C’est quoi le problème


Combien de jours avant l'amour
Combien de fois dans une vie
C'est qu'on, c'est qu'on fait tout pour
Se détourner de lui


Combien de jours avant l'amour
Combien de jours on se donne
Sans faire de mal à personne
C'est quand l'amour


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mar 17 Aoû - 16:31

Valhalla, nuit du 17 au 18 août

"New-York, les Docks, 00:47

Un jeune homme entièrement vêtu de noir s'avance sur les docks, une silhouette visiblement inconsciente négligement jetée sur son épaule. La faible lueur de la lune fait étinceller ses cheveux platines, si clairs qu'ils semblent presques blancs, mais ses sourcils sombres surplombants ses yeux de glace trahissent sa véritable nature de cheveux. Son visage totalement impassible, aux traits fins mais virils, est marqué d'une fine cicatrice, qui cours le long de sa pommette droite jusqu'à sa tempe, et il a un piercing au sourcil, qui reflète de temps en temps l'éclat de la lune.

Il s'avance, d'une démarche souple malgré le poids sur son épaule, jusqu'à un vieil entrepot, dont la porte est entrouverte. Il se glisse à l'intérieur, plus silencieux qu'une ombre, et la porte se referme derrière lui. Derrière un tas de caisses pourries, des hommes aux vêtements semblables aux siens se redressent en le voyant arriver, portant tous machinalement la main à une des nombreuses armes dont ils sont munis...avant de se détendre lorsque le jeune homme arrive assez près pour que la lueur de la lampe placée près d'eux n'illumine sont visage.

- Qu'est ce que tu nous ramène encore, le Blond ? raille l'homme le plus costaud de la bande en se relevant, un sourire mauvais accroché aux lèvres.

Il dépasse le mètre quatre-vingt dix, et le regard gris et froid de cette montagne de muscles suffirait à imposer le silence à la plus téméraire des têtes brûlées. Ses cheveux bruns sont coupés très court, presque à ras, et il est une véritable armurerie sur pattes. Pas de doutes à avoir, c'est pas un rigolo.

- Un jouet plutôt intéressant, répond le garçon en se déchargeant de son fardeau, le laissant purement et simplement tomber au sol. Et j'irais même jusqu'à dire doublement intéressant, parce qu'en plus, c'est une gonzesse, rajoute t-il en s'écartant pour aller s'asseoir sur l'une des caisses, sans plus accorder un seul regard à son "jouet".

Un éclat vorace traversa le regard du colosse, et il s'avança pour aller inspecter de plus près ce nouveau "jouet", mais une voix sèche claqua soudain dans l'ombre.

- Gonza.

Un simple mot, un prénom visiblement, mais prononcé d'une voix à la fois sèche et douceureuse. Contenant une menace à peine voilée. Le colosse s'immobilisa, retenant à grand peine un grognement frustré, puis claqua des doigts et agita sèchement sa main, avant de retourner à sa place, les bras croisés, l'air boudeur. Aussitôt, deux autres hommes bondirent des caisses où ils étaient installés, et se précipitèrent vers la jeune femme, qui avait commencé à reprendre conscience, et qui c'était redressée sur un coude, tête basse. Ils l'attrapèrent chacun par un bras, la relevèrent de force, et la trainèrent plus où moins jusqu'à l'homme qui avait parlé, dissimulé dans l'ombre.

Celui-ci s'avança, et la lumière découvrit enfin son visage à la peau pâle et à l'air narquois. De longs cheveux noirs plaqués sur son crâne, des yeux aussi noirs qu'un puit sans fond, une peau d'albâtre, ses yeux étincellaient d'une lueur moqueuse, et les coins de sa bouche semblaient constament retroussés en un sourire ironique. Il était grand et fin, et sa démarche donnait l'illusion qu'il glissait sur le sol. L'un dans l'autre, malgré sa frêle carrure et l'abscence d'armes visibles sur lui, il semblait encore plus dangeureux que le dénommé Gonza.

Il s'accroupit devant la jeune femme d'un mouvement souple, et lui releva le menton d'une main. Cette dernière, son visage à la mâchoire carrée et aux lèvres fines, encadré de boucles brunes en bataille, luttait pour ouvrir les yeux, mais semblait encore trop sonnée pour comprendre ce qu'il se passait autour d'elle.

- Tient, tient, on dirait que z'ai vu un rominet, dit-il de cette même voix basse et doucereuse, un sourire cruel étirant ses lèvres. Et on peut savoir ce qui t'as pris de me ramener ça ? interrogea t-il en se tournant vers le jeune homme blond, qui contemplait la scène avec un désintéret manifeste.
- J'vous l'ai dit, répondit-il en haussant les épaules. Et d'une, c'est une nana, ça peut toujours rapporter du fric...Ah oui, et de deux, elle semble assez bonne au tir.
- Et tu compte me ramener toute les idiotes paumées des bas quartiers, sous prétexte qu'elle "semblent assez bonne au tir" ? rétorqua froidement l'homme aux cheveux noirs.
- C'est vous qui voyez, moi, j'vous l'ai ramenée parce qu'elle me semblait intéressante et que de toute façon, elle allait se faire tuer, maintenant, vous en faites c'que vous voulez, c'est pas mon problème.

Haussant un sourcil, l'homme aux cheveux noirs se tourna à nouveau vers la jeune femme, qui gémit doucement, avant d'ouvrir enfin les yeux.

- Mais oui, mais oui, z'ai bien vu un rominet, dit-il en souriant froidement, arrachant quelques rires aux hommes autours de lui.

La jeune femme cligna des yeux, une fois, deux fois, trois fois, parcouru la petite assemblé du regard, et posa à nouveau les yeux sur l'homme qui lui faisait face, visiblement horrifiée.

- Attention, si tu cries, je te tue, annonça t-il d'une voix glaciale. Il est totalement inutile que tu me demande où tu es ni même avec qui, et encore moins par quel miracle tu as atterrit ici, la seule chose que tu ferais mieux d'imprimer pour l'instant, c'est que tu as de la chance d'être encore en vie...et que t'as intêret à la boucler. Pigé ?
- Parlez moins vite.
- Pardon ?

La jeune femme redressa le menton et toisa l'homme qui lui faisait face, tentant de se donner une contenance...ce que contredisait les tremblement qui agitaient ses frêles épaules, mais sa voix, elle, ne tremblait pas.

- Je ne comprend pas tout ce que vous dites, vous parlez trop vite.

Le visage de l'homme sembla se décomposer sur place. Il la contempla un instant, glacial, puis, vif comme l'éclair leva une main. La jeune femme ne pu retenir un violent frisson, ainsi qu'un léger mouvement de recul...mais elle garda ses yeux rivés à ceux de l'homme qui lui faisait face. Celui-ci, surpris, interrompit son geste...et éclata d'un grand rire. Se tenant les côtes, il se releva vivement, et tendit la main vers le dénommé Gonza. Celui-ci se précipita pour donner un de ses pistolets à cet homme, et celui-ci arma le semi-automatique, avant de revenir vers la jeune femme. Celle-ci, toujours à genoux et immobilisée par les deux hommes, commença à vouloir reculer, un éclat de terreur pure dans le regard...Mais l'homme se contenta de s'accroupir à nouveau devant elle, un éclat amusé dans ses prunelles de nuit.

- Ok ma jolie. A partir de maintenant, je vais te poser des questions, et tu vas y répondre, sinon je tapisse le sol avec ta cervelle, c'est bien clair ?
- Ou..oui, répondit-elle en déglutissant.
- D'où tu viens ?
- D'Italie.
- Pourquoi es-tu là ?

La jeune femme détourna le regard et se mordit la lèvre. Elle ne pouvait pas, et surtout ne voulait pas répondre...Mais la patience de cet homme avait des limites, et il lui assena un violent coup de crosse en plein visage.

- Pourquoi-es-tu-là ? reprit-il, sa voix plus tranchante qu'une lame de rasoir.
- J'ai...j'ai fui mon pays, reprit-elle d'une voix tremblante alors qu'un filet de sang coulait de sa lèvre fendue sur son menton.
- Pourquoi ?
- Parce que...

Elle s'interrompit, étouffant un sanglot.

- Parce que j'ai tué mon frère ! s'exclama t-elle enfin, des larmes débordant de ses yeux pour ruisseler sur ses joues.
- T'as quel âge ? continua l'homme, pas attendrit le moins du monde.

La jeune femme hésita une seconde, ouvrit la bouche...la referma. S'ils apprennent qu'elle est mineure, Dieu seul sait ce qu'ils lui feront...

- 20 ans.
- Bien.

Apparement satisfait par ce bref interrogatoire, l'homme se redressa et fit signe aux deux autres hommes de relacher la jeune femme. Tremblante, elle se releva lentement, semblant se demander à quelle sauce elle allait être dévorée. Mais au lieu de ça, l'homme lui tendit le pistolet, et lui désigna des bouteilles de bièrre, posées sur des caisses à une vingtaine de mètres de là.

- Montre un peu ce que tu sais faire, dit-il en reculant légèrement, un sourire ironique sur les lèvres.
- Mais je...
- Et n'essaye même pas de viser l'un d'entre nous.
- Mais...
- Tu serais morte avant de t'en rendre compte.
- Mais c'est...
- Tu tire, ou tu préfère que je te tue tout de suite ?

Déglutissant, la jeune femme se tourna vers ses cibles, et ressera sa prise sur la crosse de son arme. L'empoignant à deux mains, elle leva les bras, visa...secouée de tremblements, les mains moites, elle abaissa son arme pour respirer un grand coup, la leva à nouveau, visa...

- Ma patience à des limites, ma belle.

C'est cet instant qu'elle choisit pour tirer. Trois fois. Trois bouteilles volèrent en éclat. Ebahie par son propre exploit, elle abaissa son arme, croyant à peine à sa propre chance. Levant un sourcil, l'homme aux cheveux noirs fis un léger signe de la main, et les deux homme se précipitèrent sur la jeune femme pour la désarmer et l'immobiliser. Trop surprise pour réagir, elle leva les yeux vers cet homme au regard si effrayant, et il s'adossa à un tas de caisses, les bras croisés.

- Pas mal. Maintenant, t'as trois solution : la première, tu entre à mon service en temps que tireuse d'élite. Ca tombe bien, les derniers étaient si nuls qu'il se sont rapidement fait tuer. Espérons que tu tiendras un peu plus longtemps. La seconde, si tu refuse, je t'envois sur le pavé pour jouer les putes. Ce serait dommage de gâcher tes talents de tireuse, mais au moins, tu me servirais à quelque chose. Et la dernière, je te tue ici et maintenant. Alors ? Grouille-toi de choisir, on n'a pas toute la nuit, et tu m'a déjà fait perdre assez de temps.

Ebahie, la jeune femme fixa l'homme aux cheveux noirs, abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre. S'il n'avait tenu qu'à elle, aucune des trois solutions n'auraient été en option...Mais il fallait qu'elle se décide. Et vite. Réfléchissant à toute vitesse, fixant tour à tour chaque homme présent avec un regard désespéré, elle comprit soudain qu'en fait, elle n'avait pas le choix. Baissant la tête, de nouvelles larmes se mirent à rouler sur ses joues. Après tout, après ce qu'elle avait fait, c'était un juste retour des choses.

- J'accepte. La première solution."


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Ven 17 Sep - 11:32

Valhalla, nuit du 17 au 18 septembre

"Le monde bascule étrangement d'avant...en arrière...d'avant...en arrière...d'avant...en arrière, lentement, longuement, passant de l'éclat limpide du ciel d'été bleu et sans nuages aux épaisses ramures d'un gigantesque cèdre doré. La tête renversée en arrière, une jeune fille aux longues et épaisses boucles brunes se laisse bercer par les doux balancement, sa chevelure et sa longue robe blanche marquant le mouvement en semblant flotter autour d'elle. Les yeux clots, un léger sourire étire ses lèvres fines alors qu'elle sent une nouvelle poussée au creux de ses reins, qui la projette en avant, encore une fois, accentuant le balancement un peu plus à chaque fois.

- Angelo ?...
- Oui ?
- Tu me dis quand tu veux qu'on échange...
- Quoi ??...
- TU ME DIT QUand tu veux qu'on ECHANGE !!
- Je ne veux pas qu'on échange.
- Quoi ?...


Le garçon esquisse un sourire, et pousse de plus belle sa soeur, l'envoyant loin devant lui, loin au dessus du sol, loin au dessus de tout. Il est également vêtu de clair, pantalon de lin sable et chemise blanche, ce qui fait ressortir l'éclat de sa peau mate et de ses yeux d'obsidienne. Lèvres fines, mâchoire carrée, il est la copie conforme de la jeune fille qu'il aide à se balancer depuis une vingtaine de minutes, en plus masculin, plus carré.

D'un vif mouvement de tête, il repousse une épaisse boucle brune qui lui retombe dans les yeux, et alors que sa soeur revient vers lui, au lieu de la pousser à nouveau, il attrape les cordes de la balançoire et en stop net le mouvement, retenant sa soeur en passant un bras autour de sa taille. Surprise, elle a manqué être éjectée, et elle tourne un regard irrité vers son frère.

- Hey !! Préviens quand tu fais ça, j'ai faillis me ramasser !!
- Ada...
- Si tu en avais marre, fallait le dire, et j'aurais arrêté la balançoire moi-même !
- Ada !
- Quoi ?!...
- Je ne veux pas qu'on échange. On n'échangera jamais, d'accord ? demande t-il en souriant, ne faisant aucun cas des remarques de sa soeur.

Celle-ci soupire, comprenant que ses reproches sont passés à dix kilomètres au-dessus de la tête de son frère et que par conséquent, il recommencera. Elle lui jette un coup d'oeil agacé, bien vite remplacé par un doux sourire.

- OK, sa roule. On échangera jamais...
* * *


- Cathy !! Caaaaaaaathy ! Merde, répond-moi s'te plait !! Oh, Cathy !! Cathy j'te préviens, si tu réagis pas de suite, j't'envoie à l'hosto !!
- An...gelo ?...
- Ah non, navré, moi c'est Franz et toi, tu viens de me faire la trouille de ma vie !
- Franz ?...
- C'est ça ouais, Franz, tu te souviens ? Bon sang c'est pas vrai, t'as cogné encore plus fort que j'le croyais ou quoi ??
- La ferme, ça va.
- Ouf, j'te préfère comme ça... Bon retour parmi les vivants.

La jeune femme, encore sonnée, tente de se redresser, mais une poigne de fer l'en empêche, et elle jette un regard couroucé au garçon qui lui fait face. Visage fin, cheveux blonds décolorés presque blancs, sourcils sombres, piercing à l'arcade et regard de glace, il semble pourtant inquiet et empêche la jeune femme de bouger.

- Heps là pas si vite, tu crois pas que je vais te laisser aller danser la samba après le vol que tu viens de te prendre non ??
- Fiche moi la paix, j'ai compris comment ça marchait ça y est, je veux réessayer !!
- Ouais, c'est aussi ce que t'as dit tout à l'heure figure toi, et j'ai vraiment cru qu'on était bon pour l'hosto...Fais un peu gaffe tu veux, si j'te ramène en morceaux, Jilano va m'étriper, et j'sais pas pourquoi, mais j'ai pas trop trop envie en fait...
- Lâche moi Franz, c'est un ordre.
- C'est bizarre hein, mais quelque chose me dit que si j'obéis pas, tu vas pas pouvoir faire grand chose...
- Salaud...
- Je sais. Vas-y mollo s'te plait...

Et sur ce, il relâche la jeune femme. Elle se redresse lentement pour s'asseoir, et se passe une main derrière la nuque. Bon sang, c'est pas passé loin...il s'en était falllu de peu pour qu'elle ne se fasse vraiment mal. Jetant un vague coup d'oeil autour d'elle, elle note les lumières de la ville en contre-bas, la moto couchée sur l'herbe un peu plus loin, son casque posé à côté d'elle. Sur le terrain vague qui l'entoure, quelques tessons de bouteille et une carcasse de voiture, et la fille échappe une grimace. C'est pour éviter la dite carcasse qu'elle a tourné en freinant, sans maitriser sa manoeuvre, et c'est comme ça qu'elle est tombée - et encore heureux, elle est tombée sur l'herbe, pas sur la route...

S'étirant doucement, sa colone vertébrale craque sur toute sa longueur, et son co-équipier échappe un léger rire. Lui faisant une grimace d'excuse, elle se relève enfin, tangue un peu sur ses pieds mais le blond la rattrape, la maintenant fermement par le bras. Se dégageant séchement, elle s'étire à nouveau, passe une main dans ses courts cheveux raides, d'un noir tirant sur le violet, taillés en un court carré plongeant, et parcourt à nouveau le terrain vague de ses prunelles dorées. Ramassant son casque, elle soupire en le remettant sur sa tête, avant de se diriger vers la moto.

- Cathy...soupire le blond. C'est bon, tu y arrivera la prochaine fois, on va pas y passer la nuit...Il faut qu'on rentre maintenant, Jilano va...

La dénommée Cathy l'ignore royalement, redresse la moto, l'enfourche et démarre d'un violent coup de kick. Le moteur rugit, faisant taire le blond, qui s'approche en soupirant.

- Ok, ok...Bon, débrayes...passe la première...non, le boitier est de l'autre côté ma vieille...c'est ça...ok, embrayes et mets UN PEU de gaz, sinon tu vas encore trouver le moyen de te scratcher, ajoute le blond avant de reculer.

La jeune femme, le regard dur, a fait tout ce qu'il vient de lui dire, et s'apprête à décoller. Resserant ses mains sur le guidon, couchée sur le réservoir, elle relâche doucement l'embrayage, certaine que cette fois, elle va y arriver...et s'envole soudain. Grisée par la soudaine vitesse, elle redescend rapidement sur terre, car elle sait que son émerveillement est son pire ennemi. Parce que la ligne droite, c'est bien...mais il y a un moment où il faut tourner quand même. Arrivée à l'extrémité du terrain, elle freine doucement, tourne le guidon, remet des gaz...oui !! C'est bon, virage impeccable.

Continuant sur sa lancée, elle quitte le terrain pour retourner sur la route. Les roues adhèrent parfaitement sur l'asphalte, et elle sens qu'elle gagne encore de la maitrise sur son véhicule. Esquissant un sourire, elle appuie de nouveau sur l'embrayage, déplace le sélecteur -se méfie à mort pour ne pas passer au point mort et se retrouver à mouliner dans le vide...- relâche d'un coup, met des gaz...et gagne encore de la vitesse. Elle connait bien cette petite route peu fréquentée, elle sait qu'il y a un coin où elle pourra facilement faire demi-tour...La route est en ligne droite ou presque, il n'y a personne, elle monte les vitesses, plus vite, toujours plus vite.

Elle a comprit, ça y est, elle va pouvoir rouler avec les autres...Elle sent qu'elle maîtrise. Couchée sur sa moto, grisée par la vitesse de sa course, elle éclate de rire sous son casque. Pour elle, c'est une victoire de plus."


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Sam 16 Oct - 15:00

ADAM LAMBERT - Whataya want from me


Hey, slow it down
Whataya want from me
Whataya want from me
Yeah, I'm afraid
Whataya want from me
Whataya want from me

There might have been a time
And I would give myself away
Oooh, once upon a time
I didn't give a damn
But now, her we are
So whataya want from me
Whataya want from me

Just don't give up
I'm workin' in out
Please don't give in, I won't let you down
It messed me up, need a second to breathe
Just keep comin around
Hey, whataya want from me
Whataya want from me
Whataya want from me

Yeah, it's plain to see (plain to see)
That baby you're beautiful
And it's nothing wrong with you (nothing wrong with you)
I'ts me, I'm a freak (yeah)
But thanks for lovin' me
Cause you're doing it perfectly (it perfectly)

There might have been a time
When I would let you step away
I wouldn't even try
But I think you could save my life

Just don't give up
I'm workin' it out
Please don't give in, I won't let you down
It messed me up, need a second to breathe
Just keep comin around
Hey, whataya want from me (whataya want from me)
Whataya want from me (whataya want from me)

Just don't give up on me
(uuuuuuh)I won't let you down
No, I won't let you down

(So I)Just don't give up
I'm workin' it out
Please don't give in
I won't let you down
It messed me up (it messed me up)
Need a second to breathe
Just keep comin around
Hey, whataya want from me

Just don't give up
I'm workin' it out
Please don't give in
I won't let you down
It messed me up
Need a second to breathe
Just keep conmin around
Hey, whataya want from me (whataya want from me)
Whataya want from me (whataya want from me)
Whataya want from me


Dernière édition par Farfaya le Sam 19 Fév - 15:45, édité 1 fois


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Dim 31 Oct - 20:09

Valhalla, nuit du 31 octobre au premier novembre
Missing...

" - Tu n'es qu'un monstre Catherine !!!

La jeune femme s'immobilisa sur le palier de la porte, son casque à la main, ses clefs dans l'autre, tête basse, les mèches de son carré plongeant d'un violine presque noir retombant sur son visage à la peau sombre. Grande et mince, sa combinaison de cuir noir au corset rouge et brillant moule à la perfection ses courbes gracieuses. Jetant un regard au jeune homme derrière elle par-dessus son épaule de ses prunelles dorées, elle ne soutient pas son regard et détourne à nouveau la tête, la main sur la poignée de la porte.

- Je sais...murmura t-elle, le visage pourtant impassible.
- C'est dégueulasse c'que t'as fait !! repris le jeune homme derrière elle sans se laisser démonter. D'accord, notre job' est déjà pas archi reluisant à la base, mais ça ne nous empêche pas d'être humains, d'avoir peut-être encore un minimum de valeurs, ou d'essayer, je sais pas merde !! Tu pouvais attendre, t'avais aucun impératifs sur ce type là, tu pouvais attendre pour le tuer, attendre qu'il soit seul !!!

Debout derrière elle, le jeune homme aux cheveux presque blancs et aux yeux d'un bleu glacier la fusille du regard, debout à côté de la petite table ronde au milieu de l'appartement, les mains crispés sur sa chaise qu'il vient de tirer pour se lever. Il est lui aussi vêtu d'une combinaison de cuir, intégralement noire et incontestablement plus masculine, son casque posé sur la table à côté de deux verres et d'une bouteille de whisky à moitié vide. La seule lumière présente est celle du luminaire en cloche au-dessus de la table, diffusant une lueur blafarde mais suffisante.

L'appartement est spacieux et bien orienté, assez sobre mais décoré avec goût. Lentement, la jeune femme se retourne pour affronter le regard de son ami. Elle fait bien une tête de plus que lui, mais à la voir ainsi, tête basse et le regard vide, elle semble pourtant bien petite et fragile. Prenant une profonde inspiration, elle redresse la tête pour plonger son regard d'or dans celui, glacial, du jeune homme.

- Je n'ai jamais dit le contraire, murmura t-elle. Je n'ai en effet aucun impératif sur mes missions, et je n'ai absolument pas besoin de tout cet argent... J'ai juste fait ce qu'on m'a ordonné de faire. Ce que vous avez fait de moi. Vous, Jilano, Sergio, Gonza, tous les autres...et toi en tête, dit-elle, une lueur sombre passant dans son regard à ces derniers mots.
- Personne n'a décidé de faire de toi un Démon, Chat Noir, tu l'as fait toute seule, réplique t-il froidement. Alors c'est ça ? C'est comme ça que t'as décidée de jouer ? Devenir la putain du patron pour qu'il subvienne à tout tes caprices, et ne plus tuer que pour t'acheter alcool, drogue et dépenser le reste aux jeux ?!! C'est ça, ta vie ?! Crache t-il sans masquer le dégoût dans ses paroles.
- Je n'ai pas le choix Franz, vous ne m'avez jamais laissé le choix, siffle t-elle un peu plus fort que précédemment. Tu crois que Jilano m'a d'abord demandé mon avis avant de décréter qu'il était fou de moi et que plus aucun autre homme ne poserait la main sur moi ?! Tu crois que cet appart' qu'il m'a donné, c'est moi qui l'ai choisit ?!! Tu crois que cette putain de vie est peut-être celle dont j'avais toujours rêvé ??!! Si c'est le cas, tu te fourre le doigt dans l'œil jusqu'au coude, l'Archange, finit-elle par crier en insistant sur le surnom de son ami avec une ironie non dissimulée.
- Peut-être, répond t-il dans un souffle. Peut-être que si je t'avais laissée cette nuit là, tu aurais une autre vie, t'aurais fini par te trouver un boulot décent, quitter la merde dans laquelle tu t'étais fourrée... Et peut-être que le groupe d'enfoirés suivant auraient réussit à te faire la peau, sans que je ne soit là pour te sauver la mise, murmure t-il, la transperçant de son regard à faire givrer un iceberg.
- A t'entendre, ça aurait peut-être mieux valu, crache t-elle en se détournant de nouveau.
- Ça ne change rien !! crie le garçon en se précipitant à sa poursuite dans les escaliers, laissant la porte de l'appartement grande ouverte derrière lui. Personne ne t'as obligée à devenir aussi cruelle !! Bordel Cathy, il avait sa fille dans ses bras, n'essaye pas de me faire croire que tu n'avais pas remarqué, tu n'aurais jamais du tirer !! hurle t-il enfin en s'immobilisant, laissant la jeune femme fuir – de toute façon elle courre trop vite pour lui.

Cette dernière ne répond rien, se contentant de dévaler les marches de l'immeuble en direction du garage, bousculant au passage un couple de vieillard regagnant leur appartement. Elle courre sans réfléchir, saute les cinq dernières marches, pousse les portes menant au garage, se dirige vers sa moto en essuyant ses larmes d'un mouvement rageur. Enfilant son casque, elle met le contact et démarre en trombe, passant les portes à peine entre-ouverte à toute vitesse pour gagner la rue, slalomant entre les voitures, grillant feux rouges sur feux rouges. Il faut qu'elle parte, qu'elle oublie. Les mains crispées sur le guidon, elle prend la direction de l'aéroport, les larmes continuant malgré elle à dévaler ses joues.

* * *

- Ada ?
- ...Quoi ?
- Je vais partir.
- ...
- Je suis recherchée. Je me suis cachée ici trop longtemps, ils m'ont retrouvée. Ils savent qui vous êtes...et ce qui me lie à ton frère. Je dois partir.

Le silence s'installe dans la chambre, simplement ponctué par le chants des cigales. Assise à son imposante coiffeuse en chêne massif, une jeune femme à la peau mate vient tout juste de retirer la dernière épingle de son chignon, libérant ses lourdes boucles brunes, qui cascadent sauvagement plus bas que son siège. Elle porte une longue robe blanche et vaporeuse, bordée de dentelle, marquée sous la poitrine par une ceinture de satin rouge. La robe est simple, mais visiblement hors de prix...tout comme la parure de rubis et diamants dont elle vient de se défaire, posés sur le bord du meuble comme s'il s'agissait de simples bijoux fantaisie.

Interdite, elle fixe son amie au travers de son miroir, ses yeux de nuit maquillés d'un halo charbonneux pour en faire ressortir la profondeur, avant de se retourner pour la regarder pour de bon. La jeune femme, sa longue chevelure couleur or rassemblée en une tresse à faire pâlir un épis de blé négligemment posée sur l'épaule, les bras croisés sur sa robe de satin argent, dont les yeux semblent réfléchir l'éclat métallique, est adossée au mur, une expression impassible sur son fin visage marbré de tâches de rousseur.

- Cassi...
- Je dois partir, reprend la blonde en se décollant du mur, portant une main dans son dos pour défaire la fermeture éclair de sa robe.

Esquissant un sourire, la brune se lève et passe à côté de son amie pour l'aider à défaire sa fermeture éclair. Mais la blonde se dégage d'un mouvement sec, et s'écarte de son amie pour gagner le milieu de la pièce. Surprise, la brune n'insiste pas, et ouvre son placard, duquel elle tire un ensemble pantalon/corsage de lin clair, ainsi qu'une veste de lin blanc. Dégrafant sa robe à son tour, elle la pose soigneusement sur une chaise à côté d'elle pour commencer à revêtir son ensemble.

- Je ne vois pas de quoi tu parles Cassi, commence t-elle, les sourcils froncés. Qui sont ceux qui te recherchent ? On va appeler la police, et tu vas tout leur raconter, il s'occuperont de toi, te mettront à l'abri, il ne faut pas que tu continue à fuir comme ça, dit-elle en boutonnant son corsage, avant d'enfiler sa veste. On va t'aider, conclu t-elle en se retournant, un sourire rassurant aux lèvres.

Bien vite remplacé par une expression de stupeur pure. Son amie c'est bien défaite de sa robe, cachant en fait une combinaison fine et noire, ainsi qu'une ceinture portant deux longs et fin poignards. Dont un qu'elle pointait sur son amie, une expression de froide détermination dans le regard.

- Cassi ?... commence la brune, interdite. Qu'est-ce que tu ?...
- Je sauve ma peau, répondit la jeune femme en s'approchant d'elle d'un bon pas. Et devine quoi ? T'es le bouclier idéal, dit-elle en attrapant la brune par le bras, calant son poignard sous sa gorge.
- Cassi ?!...s'étrangle la brune.
- Pas un mot, ou je t'égorge, répond froidement la blonde. On va aller pêcher ton frangin, et avec un peu de chance si vous coopérez, je ne serais pas obligée de vous tuer. Allez, on avance, dit-elle en donnant un coup dans le dos de la jeune femme. Vous allez bien m'aider, mais peut-être pas de la manière que tu croyais...

* * *

Las Vegas. La ville qui ne dort jamais, la ville où il ne fait jamais nuit... La ville où tout le monde peut trouver le bonheur tout comme la déchéance. Bien que cette dernière soit plus fréquente que l'inverse. Dans les rues noires de monde, une jeune femme en combinaison de cuir noir et rouge se balade, les mains dans les poches, ne prêtant aucune attention au monde qui circule autour d'elle. Elle flâne, invisible aux yeux de tous, ombre pâle dans ce monde de lumière et de fête, tête basse, la tête pleine de questions.

Ce pourrait-il que Franz ait raison ?... Etait-elle vraiment devenue...un monstre ?... C'était peut-être vrai après tout, depuis quelque temps, tuer ne lui faisait plus grand chose. L'idée de vivre des vies qu'elle volait ne lui semblait plus si déprimante, car après tout, elle survivait... Que pouvait-elle demander de plus ?... Elle était traité comme une princesse par Jilano, elle ne l'aimait pas vraiment, mais elle ressentait assez de reconnaissance envers lui pour accepter de coucher avec lui, elle était libre d'aller où elle voulait quand elle voulait, n'avait à se soucier ni de son loyer, ni du reste, même son essence, c'était Jilano qui la lui payait, et tout l'argent qu'elle amassait avec ses primes ne lui servait qu'à être dépensé pour tout le reste de ses caprices...

C'était donc vrai. L'aube est proche, mais personne ne semble se soucier de l'heure ici, et chacun traverse la rue en direction du casino suivant, ivre mort...ou presque. La jeune femme continue d'avancer, repensant à ce qu'elle a fait cette nuit là. Après près de trois heure en faction sur le toit de cet immeuble, elle avait abattu l'homme qu'on lui avait désigné sans plus de formalité alors qu'il quittait sa résidence...sa fille dans les bras. Son travail avait été propre et rapide, et elle avait ensuite mis les voile pour regagner son appartement...où Franz l'attendait, l'air furieux. Il avait assisté à la scène, et estimé que cette fois, elle était allé trop loin.

Mais il n'était stipulé nulle part sur le contrat qu'elle devait l'abattre en l'absence de sa fille. Elle devait le tuer, pour une raison qui lui était totalement inconnue et qu'elle ne connaitrait jamais, point. Où était le problème ?... Et...pourquoi son cœur se serrait lorsqu'elle repensait à ce qu'elle avait fait ?...

* * *

Ada, son sabre à la lame irisée de violet à la main, la lèvre en sang, traversa le salon en courant, son frère sur les talons, un œil au beur noire. Ils se précipitèrent dans les escaliers, commencèrent à descendre... Ada s'immobilisa en criant au milieu des marches alors qu'un homme masqué et intégralement vêtu de noir bloqua le passage d'un rideau de flammes. Angelo attrapa le bras de sa sœur de sa main libre pour la tirer en arrière et partir en courant dans l'autre direction... Que barrait Cassiopea. Le regard fou, les cheveux défait, elle était entourée d'un halo de flamme descendant jusque sur ses poignards.

Surgissant de nulle part, un splendide oiseau, ressemblant plus ou moins à un paon – à ceci près que son plumage rouge et or flambait allègrement, mettant le feu à tout ce dont il s'approchait – plongea en direction des jumeaux, serres en avant. Projetant sa sœur au sol, Angelo leva son sabre en direction de l'animal, mais celui-ci le captura dans ses serres pour le projeter dans les bras de Cassiopea, qui plaça immédiatement un de ses poignards sous la gorge du jeune homme.

- Un pas de plus et il est mort !! hurla la jeune femme, ses yeux gris flamboyant de folie.

Ne tenant pas compte de la mise en garde, l'homme qui avait bloqué le passage aux jumeaux se précipita vers elle, sans plus se soucier de la jeune brune au sol. Grave erreur. Ça faisait maintenant près de 20 minutes que son frère et elle faisaient tout pour essayer de fuir la maison en flamme. Ça faisait maintenant près de 20 minutes que son frère la protégeait de Cassiopea au péril de sa vie, bien qu'il ait désormais le cœur brisé. Il avait prévu le soir même de lui offrir une bague en gage de son amour, une magnifique bague en or blanc incrustée d'améthystes, en forme de papillon. Une bague que la jeune femme serrait dans sa main, bague qu'elle avait confisquée alors que son frère avait voulu la jeter par la fenêtre. Il aurait fini par le regretter.

Une rage aussi brulante que les flammes qui l'entouraient grondait en elle, rage dirigée contre cette sale garce qui c'était faite passé pour son amie, qui avait séduit son frère...qui leur avait brisé le cœur à tous les deux. Et à présent, deux hommes étranges vêtus de noirs, l'un accompagné d'un husky, l'autre d'un guépard, bataillaient ferme contre la jeune blonde, qui tentait de fuir à tout prix, se servant des jumeaux comme bouclier. L'homme au husky avait disparu, probablement mis hors combat par Cassiopea. Ne restait plus que l'homme au guépard, sauf qu'apparemment, même s'il ne tenait visiblement pas à blesser les deux jumeaux, la capture de Cassiopea semblait être pour eux la priorité absolue. Ce qu'Ada ne pouvait tolérer. Mais elle ne pouvait rien faire...

Ou du moins, c'est ce qu'elle croyait. Alors que cette haine bouillonnait dans ses veines, la jeune femme ouvrit de grands yeux ébahis. Là, juste devant elle, se tenait...elle même. Même longue chevelure brune et bouclée, même mâchoire carrée, même yeux d'un noir impénétrable, même peau sombre et satinée. L'étrange double se tourna vers elle alors que l'homme et Cassiopea s'immobilisaient, visiblement surpris. Se baissant, elle lui prit son sabre des mains, avant de lui adresser un clin d'œil. Sans comprendre, Ada se redressa, à l'instant où son double se jetait sur l'homme. D'un mouvement fluide, elle le fendit presque intégralement en deux, avant de virevolter, ses longues boucles brunes formant un halo sauvage autour de son visage, pour se précipiter vers Cassiopea et Angelo. Ramenant ses mains en arrière, le phœnix plongea vers le double, serres en avant, mais il était trop loin... D'un seul mouvement, le double transperça à la fois Angelo et Cassiopea, la lame s'enfonçant en plein milieu de leurs poitrines sans rencontrer aucune résistance.

A cet instant précis, un long hurlement résonna dans la pièce, chargé de douleur et de désespoir. Ada, la main tendue vers son frère, regarda ce dernier sans comprendre. Il lui renvoya un regard surpris, passant de la copie à l'original, un mince filet de sang ruisselant lentement au coin de ses lèvres. Horrifiée, sa soeur resta encore immobile quelques seconde...avant de se relever brusquement, hurlant de rage.

- QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ??!!!!!!!! hurla t-elle en direction d'elle même, ce double étrange qui libéra sa lame d'un coup sec, les corps s'effondrant devant elle, le sabre ruisselant de leurs sang.
- Pas ce que j'ai fais, ma belle...ce que tu as fait...

Et sur ces paroles, un sourire cruel et ironique aux lèvres, elle disparu, laissant Ada seule. Le sabre, qui avait subit une forte pression durant ces 20 dernières minutes, se brisa en touchant le sol, la lame s'éparpillant en glissant sur le sol dallé d'ocre. A cet instant, la jeune femme fut envahie d'une grande fatigue, et elle s'effondra sur le sol, distinguant à peine la bague de son frère luire devant elle avant qu'elle ne perde conscience.

* * *

Dans une ruelle sombre de Las Vegas, une jeune femme se débattait de toute ses force contre cinq hommes qui tentaient de la violer. Mais elle avait beau hurler et frapper de toute ses forces, ils se contentaient de rire de son impuissance, et elle sentait que bientôt, le « jeu » allait cesser. Elle lisait dans leur regard qu'ils allaient bientôt passer aux choses sérieuses. Et personne ne l'entendrait hurler. Personne ne viendrait à son secourt. Désespérée, elle appela encore à l'aide, mais son cri ne servit qu'à déclencher de nouveaux rires moqueurs chez ses persécuteurs.

Dont un s'effondra soudain, son rire se muant en un gargouillis étranglé. Redressant la tête, la jeune femme aperçu...une autre jeune femme. Grande, encore plus qu'elle même, son visage carré au trait fin était totalement impassible, seul ses étranges yeux dorés luisaient dans la semi pénombre, animés d'une colère glaciale. Elle tenait un revolver à bout de bras, visiblement équipé d'un silencieux vu qu'elle n'avait entendu aucun coup de feu.

Hypothèse qui se confirma alors que la jeune femme, après un bref mouvement du menton pour dégager ses mèches sombres de devant ses yeux, tira de nouveau, une fois deux fois, trois fois, quatre fois... Dans la ruelle ne restait plus sur leurs pieds que les deux jeunes femmes. L'agressée, qui était restée immobile comme une statue durant toute l'opération, se redressa lentement, les mains en l'air. La peau aussi sombre que celle de sa sauveuse, elle avait un visage fin et triangulaire d'une beauté sans pareille. De grands yeux en amande remontant vers l'extérieur, un nez fin et droit, des lèvres ourlées et pulpeuses, des pommettes hautes et saillantes, sa longue et épaisse chevelure lui descendait plus bas que les fesses, d'un noir acajou rougeoyant dans la semi obscurité de la ruelle.

Mais le détail le plus incroyable chez elle, outre sa finesse, sa grandeur et sa beauté, c'était ses yeux. D'un vert tirant sur l'or, ils étaient limpides et transparents, clairs comme de l'eau de source, comme s'il avaient le pouvoir de lire au plus profond de votre âme, comme si leur clarté pouvait vous transpercer de part en part, vous mettre à nu en un instant sans plus d'efforts.

C'était sous l'emprise de ce regard qu'était tombée la jeune femme armée, et c'était aussi pour ça qu'elle n'avait toujours pas abaissée son arme. Mais au bout de quelques secondes elle réussit à se reprendre, et replaça son arme dans son étuis à l'intérieur de sa combinaison, dont elle remonta la fermeture éclair avant de remettre ses mains dans ses poches.

- Fait pas cette tête, j'te ferais rien, lança t-elle, avant de se détourner pour commencer à s'éloigner dans la ruelle, poursuivant sa route comme s'il ne c'était rien passé.
- Attend !! cria l'autre, mais voyant que sa sauveuse continuait à s'éloigner sans l'attendre, une moue agacée déforma sa bouche pulpeuse, et elle commença à lui courir après.

La rattrapant sans trop de mal, elle l'attrapa par le bras, mais la jeune femme se dégagea vivement. Remettant sa main dans sa poche, elle poussa un long soupir.

- Qu'est-ce que tu veux ? Demanda t-elle sans même prendre la peine de faire face à son interlocutrice.
- Rien, juste te remercier... Allez vient, on va boire un verre ^^
- J'ai pas envie de...

Avant même qu'elle n'ait fini sa phrase, la jeune femme lui avait attrapé le bras pour l'entrainer dans l'autre direction.

- Je connais un restaurant sympa un peu plus bas c'est pas loin, aller viens, comment tu t'appelles ? ^^...
- Peu importe...
- T'es pas drôle >o< Moi, c'est Nirina ^^ Allez dit moi, j'vais pas te bouffer, si tu me le dit pas, je vais te trouver un surnom tellement bidon que tu seras quand même obligée de me dire ton nom ! ^o^
- ...Cat'...
- « Cat' » ? Pour « Catherine » c'est bien ça ? C'est cool j'adore ce prénom !! ^o^ Et d'où tu viens ? ^^
- Tu t'en fou...
- Mais nooooooooon >o< Bon, je vais deviner alors !! ^o^ D'Amérique ?
- Non...
- Du Brésil ?
- Non...
- D'Afrique ?
- Non...
- Roh >< D'Europe ?...
- …
- Houra j'ai trouvé !! ^o^ T'es française ? *o*
- Non...

Émergeant de la ruelle sombre, plongeant soudain dans un monde de foule et de lumière, deux jeunes femmes à la fois semblable et si différente se noient dans la foule, disparaissant parmis les passants. Toute les deux grandes et minces, la peau aussi sombre l'une que l'autre, la première, au court carré plongeant d'un violine presque noir et aux prunelles d'un or étrange, vêtue d'une combinaison de cuir noir et rouge, était littéralement trainée par la seconde, aux longs cheveux d'un noir rougeoyant, aux yeux verts d'eau, sa longue robe de soirée noire dissimulée sous un somptueux manteau pourpre. Qui aurait pu croire qu'elles deviendraient les meilleures amies du monde ?..."


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Dim 7 Nov - 20:54

Farfaya :

Si j'étais...

Spoiler:
- Un animal (Réel ou/et imaginaire) : Un chat, noble et indépendant, qui ignore une main tendue mais vous courre après lorsque vous vous détournez de lui/un griffon, mi-aigle mi-félin, libre et sauvage.
- Un pays : L'Italie...
- Une ville : Firenze...
- Une couleur : L'acier de mes yeux reflettant l'orage de mon coeur...
- Un fruit (Ou légume) : Une grenade, si entière d'extérieur mais en miette à l'intérieur.
- Un prénom (Fille ou/et garçon) : Nirina/ Angelo.
- Une fleur : Un iris violet, si beau et attirant d'extérieur, et pourtant toxique...
- Un vêtement : Une combinaison de cuir noir.
- Un meuble : Un bureau, celui que j'aurais toujours voulu occuper...
- Un style de musique : Indéfinissable, ça dépend de mon hummeur.
- Une danse : Une valse, la dernière que j'ai dansé avec mon frère...
- Une chanson : "Missing" d'Evanescence, "Suffocated" d'Orianthi.
- Une saison : L'hiver, saison de la mort...

- Un instrument de musique : Un violon.

- Un parfum : Une odeur chaude et poudrée.
- Une arme : un katana, souvenir de l'arme préférée de mon frère...
- Un plat : tout ce que vous voulez tant que ce n'est pas italien, sans même parler des glaces.


Mara :

Si j'étais...

Spoiler:
- Un animal (Réel ou/et imaginaire) : Un aigle, pour sa férocité et son statut de prédateur/aucun animal fantastique, ils n'ont aucune place dans notre réalité et me sont donc totalement inutiles.
- Un pays : Les Etats-Unis d'Amérique.
- Une ville : New-York.
- Une couleur : Noir, ou paradoxalement l'or.
- Un fruit (Ou légume) : Qu'importe tant qu'il n'a aucune saveur.
- Un prénom (Fille ou/et garçon) : Je me moque des noms des gens, un nom n'est qu'un reflet, bien pauvres sont ceux qui ont besoin d'un nom pour exister.
- Une fleur : Qu'importe tant qu'elle n'a aucun parfum.
- Un vêtement : Une combinaison de cuir noir.
- Un meuble : Aucun, ils sont inutiles et encombrants.
- Un style de musique : Je n'écoute pas de musique.
- Une danse : Pardon ?!
- Une chanson : idem...

- Une saison : La fin de l'automne, grise et glaciale.
- Un instrument de musique : *soupir*...

- Un parfum : envoutant.
- Une arme : un revolver noir, équipé d'un silencieux de préférence.
- Un plat : vous me fatiguez...


Ode :

Si j'étais...

Spoiler:
- Un animal (Réel ou/et imaginaire) : Un renard, malin et pétillant ;p/un kitsune, pour les même raisons XD.
- Un pays : L'Italie ^o^
- Une ville : Aucune idée, mais un peu ancienne, joyeuse et toujours active ^o^
- Une couleur : Orange vif ou vert pomme ^^
- Un fruit (Ou légume) : Une mandarine, pleine de vitamines ^o^

- Un prénom (Fille ou/et garçon) : Aucun, j'aime les prénoms des gens que j'aime, c'est tout ^^
- Une fleur : Une pivoine orange ^^
- Un vêtement : Une salopette-short en jean XD
- Un meuble : Aucun, trop immobile pour moi XD
- Un style de musique : Aussi changeant que mon hummeur XD
- Une danse : Aucune idée x)
- Une chanson : "Le Youki" de Gotainer XD
- Une saison : Le milieu de l'été, vive la plage, le soleil et la bonne hummeur ^o^
- Un instrument de musique : Une guitare acoustique ^^

- Un parfum : Sucré et pétillant ^^
- Une arme : aucune, sinon la parole.
- Un plat : quelque chose de sucré, mais pas écoeurant ^^


Ines :

Si j'étais...

Spoiler:
- Un animal (Réel ou/et imaginaire) : Une colombe, symbole de vie et de pureté/une licorne.
- Un pays : L'Italie ^^
- Une ville : Venise, pour sa poésie...
- Une couleur : Rose pâle ou blanc.
- Un fruit (Ou légume) : Une mangue, pour sa douceur.
- Un prénom (Fille ou/et garçon) : Aucune idée.
- Une fleur : Une fleur de Lotus blanc.
- Un vêtement : Une longue robe blanche bordée de dentelles.
- Un meuble : Un vieux rocking chair.
- Un style de musique : Symphonique.

- Une danse : La valse.
- Une chanson : Je ne sais pas.
- Une saison : Le début du printemps, là où les bourgons commencent à éclore.
- Un instrument de musique : Une flute traversière.

- Un parfum : Frais et fleurit.
- Une arme : aucune, je suis non-violente.
- Un plat : une assiette de pâtes au beurre, simple, nourrissant mais si bon ^^


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mar 21 Déc - 20:23

Jour 1 sans Toi.

Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas où je vais. Je sais d'où je viens, mais ce sont des lieux perdus où je ne peux plus remettre les pieds, sous peine de réellement perdre le peu de raison qu'il me reste. Si tant est qu'il m'en reste encore un soupçon. Je marche droit devant, le regard fixé sur l'étrange ballet de mes pieds, qui avancent devant mes yeux, droite...gauche...droite...gauche...droite...gauche...encore droite...encore gauche... Combien de temps cela durera t-il encore, avant que je ne m'effondre pour de bon ?... J'avance, silhouette solitaire, ombre floue qui traverse la nuit de la démarche d'un roi déchu, les épaules courbées sous le fardeaux de sa douleur, tête dépourvue du poids de sa couronne pourtant baissée, comme trop lourde...ou trop fatiguée.

Je suis une route d'asphalte noire qui n'a pas été tracée pour moi et qui mène Dieu seul sait où, mais je la suis, les talons de mes bottes de cuir noir claquant sur cette route qui m'éloigne à chaque pas un peu plus de lui...ou de ce qu'il reste de son souvenir. Dissimulée sous un long manteau noir qui descend jusqu'à mes pieds, j'en ai remonté le col pour masquer également la plus grande moitié de mon visage, ce visage émacié à la peau blanche semblable à celui d'un cadavre, où mes yeux couleur argent brillent d'une lueur sur le point de s'éteindre, telle une bougie dont la flamme placée dans les courants d'air tremblote un instant avant de mourir.

Les mains dans les poches, je suis cette route qui me semble sans fin, n'entendant même pas le clapotis de la pluie qui s'abat tout autour de moi, pluie qui coule le long de mes cheveux couleur encre et qui ruisselle sur mon visage comme autant de larmes que je ne verserais plus. A quoi bon pleurer ?...ça ne fait pas revenir les morts. A moins de deux mètres derrière-moi, un tigre au pelage immaculé rayé de noir braque son regard d'acier, miroir du mien, dans le dos de ce qu'il reste de moi, moi créature sans nom, Istarion indigne, fugitive éternelle dont la marche ne peut que jumeler celle de la Mort, et ainsi l'apporter à tout ceux qu'elle croise. Quand nos chemins se rencontreront-ils enfin ?...


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mar 21 Déc - 21:12

Jour 2 sans Toi.

Une aube grise et aussi froide que mes mains se lève pourtant, la première depuis qu'il m'a quitté, la première d'une longue série qu'il ne verra plus jamais. Le monde continue donc de tourner ?...probablement aussi sûrement que je continue d'avancer. Mais à quoi bon ?... A quoi bon avancer, s'il n'est plus là pour marcher à mes côtés ?... Peut-être parce que je le lui ai promis. Mais moi qui m'étais fait un devoir de respecter toutes mes promesses, j'ai peur que celle-ci ne dépasse mes capacités. Et pourtant, je continue à marcher, les yeux fixés sur mes pieds, et je n'ai toujours croisé personne. Pas âme qui vive ne sillonne ces routes perdues, et c'est tant mieux... Plus aucune compagnie ne m'intéresse.

Mais soudain, soudain, après une durée qui m'était totalement indéterminée, après avoir encore marché durant des heures – ou étaient-ce des minutes, ou étaient-ce des jours, des mois, des années peut-être ?... - pour la première fois depuis que j'avais quitté le Valhalla, ce Paradis qui était devenu mon Enfer, je m'arrêtais. Figée en plein milieu de la route, je relevais la tête, lentement, les longues mèches noires de mes cheveux collées à mon visage par la pluie se détachant une à une de ma peau pour voleter délicatement au rythme du vent, léger, mais glacial, qui balayait mon chemin. En face de moi, trois voies s'ouvraient à moi : continuer tout droit, ou bien bifurquer à gauche, ou à droite.

Je restais plantée là sans savoir quoi faire, sans savoir où aller, sans plus savoir quelle route suivre. Jusque là, tout avait été si simple...il avait suffit d'avancer droit devant. Mais à présent, quel chemin choisir ?... Continuer tout droit, était-ce bien la bonne solution ?...Y avait-il seulement une bonne solution ?... Ou étaient-elles toutes mauvaises ?... Inexpressive, mon regard passa de la route de gauche, à celle du milieu, puis à celle de droite, encore celle du milieu, encore celle de gauche...

" - Ca ne peut plus continuer comme ça, Farfaya."

Pas de réponse, aucune réaction.

" - Tu fais fausse route, Fa. Te détruire ne le ramènera pas, tu le sais."

Toujours immobile, je serre pourtant mes poings dans mes poches, et je sens mes dents s'allonger et s'aiguiser dans ma bouche.

" - Retourne au Valhalla. Tu n'as nulle part où aller, rien à faire dans ce monde. Catherine Crawfield est morte, tout comme Ada Di Scali avant elle. Mais crois-tu qu'il voudrait que Farfaya meurt ?..."


- TAIS-TOI !!!!!

L'ordre claqua, son écho se répercutant tout autour de nous dans l'épais brouillard alors que je me retournais vivement pour lui faire face. La pluie avait cessé, laissant le monde noyé dans un épais nuage gris masquant la lumière du soleil, donnant au monde la teinte fade qui caractérisait désormais tout mon être. Tout mon être, excepté mes yeux, qui avaient viré à cette couleur que j'abhorre pourtant, ce rouge sang teintant mon regard à l'image de ma douleur, colorant au passage les iris du tigre blanc qui me faisait face. Le grand prédateur s'était hérissé à ma réponse, fléchissant légèrement ses membres dans une position à la fois d'attaque et de défense, m'avertissant de sa patience limitée en battant la queue de droite à gauche... J'ignorais complètement la menace, le toisant de mon regard couleur sang qui tranchait sur le paysage couleur de pluie.

- Je T'INTERDIS de me parler de lui !! sifflais-je, au moins aussi menaçante que lui. Ne t'avise plus JAMAIS de parler de lui devant moi !! Il est mort, MORT tu entends ??! Laisse-le en paix, murmurais-je en me détournant, refaisant face au trois routes s'ouvrant devant moi sans pour autant avoir arrêté un choix.

" - Il est effectivement mort, mais je ne crois pas qu'il t'ai jamais demandé d'en faire autant !! Et pourtant, c'est bien ce que tu es partie pour faire, te traîner ainsi sans boire, sans manger et sans dormir jusqu'à ce que tu t'effondre enfin pour le rejoindre, car c'est tout ce à quoi tu aspire !! Tu trouve ça grand peut-être ?... Intelligent, fin, utile ???... Que crois-tu faire, Farfaya ?!"

- TAIS-TOI !!!!!!!!!!!! JE NE VEUX PLUS T'ENTENDRE, TAIS-TOI, TAIS-TOI, TAIS-TOI !!!!!!!!!!!! hurlais-je en plaquant mes mains sur mes oreilles, crispant mes mains dans mes cheveux.

" - NON, JE NE ME TAIRAIS PAS !!! JE NE TE LAISSERAIS PAS TE DETRUIRE AUSSI FACILEMENT !! JE NE TE REGARDERAIS PAS TE LAISSER MOURIR SANS RIEN FAIRE, CA SUFFIS MAINTENANT !!! REGARDES-TOI, OU CROIS-TU ALLER, QU'ESPERES-TU EN FUYANT ENCORE ??! FUIR !! C'EST TOUT CE QUE TU SAIS FAIRE, ET REGARDE OU CA T'AS ENCORE MENEE !!!! QUAND VAS-TU ENFIN COMPRENDRE QUE CE N'EST PAS UNE SOLUTION ??? COMBIEN D'ECHECS DEVRAS-TU ENCORE ESSUYER POUR TENTER AUTRE CHOSE ???! TU..."

- LA FERME !!! COMMENT OSES-TU ME PARLER SUR CE TON ??? QUI ES-TU POUR TE PERMETTRE DE JUGER AINSI MES ACTES ??? DEPUIS QUAND ES-TU PASSE MAITRE DANS L'ETUDE DES RELATIONS HUMAINES, QUE CROIS-TU SAVOIR DE MOI ???...

" - JE SUIS TON ANIMAE, SINISTRE IDIOTE !!! QUAND INTEGRERAS-TU LE CONCEPT ?? TU ES MOI, JE SUIS TOI, TU TE DEMANDE CE QUE JE SAIS DE TOI ?? TOUT!!! ABSOLUMENT TOUT SANS QUE TU N'AIS JAMAIS EU A ME LE RACONTER, DU MEURTRE DE TON FRERE JUSQU'A L'ABANDON DE TON MAITRE, ET MAINTENANT JE COMPREND ET PARTAGE TA DOULEUR MIEUX QUE PERSONNE, ALORS POURQUOI T'OBSTINE TU A TE CROIRE SEULE AU MONDE ??!!"

- Je t'ai dit de la FERMER !!! JE NE VEUX PLUS T'ENTENDRE, JE ME MOQUE DE TES SERMONTS, CE QUE TU DIS NE M'INTERESSE PAS, VAS-T'EN !!!!! JE NE VEUX PLUS TE VOIR, JE NE VEUX PLUS VOIR PERSONNE, PART !!!!!!!! PART LOIN DE MOI, ET NE REVIENS JAMAIS !!! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE VOIS TU M'ENTENDS, PLUS JAMAIS !!!! hurlais-je enfin.

Un étrange silence succéda mes paroles, silence au moins aussi épais que le brouillard qui nous entourait alors que nous nous fusillions mutuellement de nos regard jumeaux. Des larmes que je croyais pourtant taries ruisselaient à nouveau sur mes joues, et un sanglot broya ma poitrine alors que la peine de mon Animae s'ajoutait à la douleur que je ressentais déjà et qui ne m'avait plus quittée depuis l'annonce de la mort d'Edward. Mon regard passa à nouveau du rouge au gris acier alors que je ne pouvais plus contenir mes pleurs, qui raisonnaient étrangement entre nous alors que nous étions comme perdus entre deux mondes. Je regrettais chacun de mes mots, mais je n'avais plus la force de le dire, et je suppliais mon Anima du regard...mais le mal était fait.

" - Tu veux que je parte, Farfaya ?..." murmura Denaro dans mon esprit, ses grands yeux acier teintés de tristesse et d'amertume braqués sur moi.

- Non...soufflais-je en un murmure tremblant. Non...je t'en prie...ne me laisse pas...Denaro...ne fait pas ça...Denaro... Denaro...

Peine perdue. Après un dernier regard chargé de douleur, le grand tigre blanc se détourna de moi et quitta la route pour s'enfoncer dans les terres, disparaissant rapidement dans le brouillard. Mes faibles murmures de supplication n'y changèrent rien, et je me laissais tomber à genoux alors que je réalisais que j'étais enfin définitivement et irrévocablement seule. Je restais immobile, statufiée au milieu de la route, fixant les yeux écarquillés l'endroit où la silhouette de Denaro s'était évaporée dans le brouillard, des larmes silencieuse dévalant mes joues sans que je puisse faire quoi que ce soit pour les arrêter.

J'ignore combien de temps je restais ainsi à fixer le vide, à genoux sur le sol dur et froid, ignorant les appels de mon corps alors que je perdais lentement toute sensation dans mes jambes et que les tremblements qui agitaient mon corps se faisaient de plus en plus violents. Le brouillard givrant avait figé les mèches de mes cheveux imbibés de pluie, les recouvrant de la même gangue de glace que celle qui étreignait mon cœur, et les larmes avaient gelé sur mes joues, brûlant ma peau de leur morsure glaciale. Je n'entendais plus rien, je ne sentais plus rien, je ne savais plus où j'étais, qui j'étais, ce que je faisais là...

- Mademoiselle...est-ce que ça va ?...

Lentement, très lentement, je relevais les yeux. Devant moi se tenais un homme d'age mûr, aux yeux d'un bleu limpide et à l'épaisse barbe brune. Prenant la peine de balayer du regard le paysage autour de moi, je constatais que le brouillard c'était levé, et que la nuit était en train de tomber. Derrière nous, un camion braquait ses feux sur la route, et je reportais mon regard vide sur l'homme qui me faisait face.

- Mademoiselle, est-ce que vous m'entendez ? Demanda t-il, fronçant les sourcils en voyant que je ne réagissais pas.

Doucement, il me secoua par l'épaule. C'était donc ça, ce poids supplémentaire que je ressentais depuis quelques secondes ?... C'était la main qu'il avait posé sur mon épaule, sa main que je ne sentais même pas au travers de mon manteau au tissu durcit par le gel.

- Je crois que vous devriez venir avec moi, dit-il gentiment, me tendant l'autre main pour m'aider à me relever.

Je regardais sa main sans comprendre, mais mon corps conservait quelques réflexes, et, lentement, je levais la main pour la lui donner sans réfléchir.

- Bon sang, mais vous êtes gelée !! s'exclama t-il, examinant mes doigts, qui avaient virés au violet. Venez vite vous réchauffer, je crois que je tombe à pic, aller, debout !

Sur-ce, il me releva d'une solide traction, mais mes jambes ne répondaient plus, et il me rattrapa avant que je ne m'effondre à nouveau au sol.

- Moui, je crois vraiment que je tombe à pic, on est plus très loin de Salida, là-bas vous pourrez prendre une chambre d'hôtel, ça ira si je vous y laisse ?...demanda t-il en me soutenant en direction du camion, l'air inquiet.

Je ne répondis rien, n'entendant qu'à moitié ce qu'il me disait alors qu'il m'aidait à monter dans le camion et qu'il m'installait à l'arrière, dans la cabine où il faisait étrangement chaud. Je sentis les vibration du moteur et le véhicule reprendre de la vitesse, mais j'avais déjà oublié où il m'emmenait et pourquoi. Bercée par les tremblements du camion, je basculais dans un sommeil comateux duquel j'aurais voulu ne jamais me réveiller.


Dernière édition par Farfaya le Lun 21 Fév - 21:31, édité 8 fois


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mar 21 Déc - 23:55

Jour 7 sans Toi.

Assise au comptoir d'un bar miteux, je louchais sur mon whisky depuis que le barman me l'avait servit – pour situer un peu, il faisait encore jour lorsque j'avais réceptionné mon verre, alors qu'il faisait désormais nuit noire depuis plusieurs heures. Les badauds se succédaient à mes côtés, plus ivres les uns que les autres alors que la soirée avançait, et j'ignorais totalement les avances que me faisaient la plupart d'entre-eux, croyant pouvoir s'offrir une bonne nuit en ma compagnie alors que je n'aspirais qu'au repos éternel.

Je fixais obstinément mon verre sans parvenir à me résoudre à le boire, ignorant les regard inquiets que le barman posait régulièrement sur moi – comme s'il y avait de quoi être inquiet. Remarque... J'avais croisé mon reflet en sortant de chez le tatoueur, ce matin là. Encore ce matin, le soleil c'était levé sans que tu ne puisse le voir, et j'avais une nouvelle fois contemplé cette aube avec avidité, la savourant pour nous deux, comme si tu pouvais la voir à travers moi. Ou du moins, j'étais encore assez arrogante pour le croire... J'avais alors de nouveau erré sans but dans les rues de cette ville où je m'étais établie, ville dont j'avais oublié le nom, nom dont je me moquais de toute façon éperdument.

Cinq jours s'étaient écoulés depuis que le routier dont j'avais aussi oublié le nom m'avait ramassé sur la route menant à Salida, soit près d'une semaine après ta mort. J'étais restée deux jour à Salida, reprenant des forces dont je ne voulais plus, survivant alors que je n'aspirais qu'à te rejoindre. Maintenant, je faisais du stop pour passer de villes en villes, m'éloignant un peu plus à chaque trajet de ta dernière demeure, comme si je pouvais ainsi fuir ma douleur, qui était pourtant plus lancinante de jour en jour. Et, ce matin là, après avoir contemplé la sixième aube que tu n'avais pu voir, j'étais descendue dans la rue, prise d'une inspiration soudaine.

J'étais entrée chez le premier tatoueur qui avait croisé ma route, et je m'étais ainsi faite graver à l'encre noire les idéogrammes japonais signifiant « terre » dans le creux des reins, le long de la colonne vertébrale. J'aurais pu les faire apparaître grâce à mon pouvoir, m'épargner ce petit épisode douloureux, mais étrangement, je ne m'était jamais sentie aussi vivante depuis que tu étais parti, comme si la souffrance physique avait le pouvoir d'éveiller en moi pour quelques instants encore la faible étincelle de la vie que nous avions partagés.

C'était ça que je méditais, penchée sur mon whisky, ne me préoccupant pas du monde qui continuait à tourner autour de moi alors que j'aurais voulu arrêter le temps. En sortant de chez le tatoueur, ce matin là, j'avais croisé sans le vouloir mon reflet dans une vitrine. Mon regard acier avait perdu tout son éclat, souligné par des cernes qui auraient pu concurrencer celles d'Edward ; mon teint trop clair était devenu blafard et crayeux, impression renforcée par les longues mèches trop noires qui encadraient mon visage pour tomber plus bas que mes fesses, et mes joues s'étaient encore creusées, conséquence inévitable de mon manque d'appétit total. Mais au souvenir de la douceur sucrée des lèvres d'Edward, les aliments devenaient fades et écœurant, et je ne pouvais me résoudre à me nourrir. Je me forçais pourtant, avalant à peine de quoi tenir debout, mais c'était bien suffisant.

J'étais entrée dans ce bar en milieu d'après-midi – du moins, je le croyais – j'avais commandé ce verre, et je ne m'étais toujours pas résolue à le boire alors que le bar se vidait progressivement, ne laissant plus la place qu'a la clientèle la plus mal famée. Mais alors que j'allais enfin boire mon verre et m'en aller, décidant que j'avais passé bien assez de temps dans cette ville et qu'il était temps de repartir, deux hommes s'installèrent à mes côtés, m'encadrant de leurs haleines fétides embuées par le mauvais alcool.


- Alors ma jolie ?... On attend le Prince Charmant ?... grinça celui qui était à ma droite, arrachant des rires gras à toute la salle presque vide uniquement peuplée d'hommes de sa trempe.

L'ignorant comme j'avais ignoré tous les autre, j'avalais mon verre cul-sec, que je reposais sur le comptoir avant de me relever. Mais le type qui m'avait adressé la parole fut plus rapide que moi, et il me barra la route en me souriant de toutes ses dents jaunes.

- Où tu crois aller comme ça poupée ?...demanda t-il en essayant de prendre un air innocent. Tu vois...mes gars et moi, on a eu une sale journée, commença t-il d'une voix doucereuse. Alors, ce serait sympa que tu sois gentille avec n...

Il n'acheva pas sa phrase. A peine avait-il tendu le bras dans ma direction que j'avais réagis malgré moi. Saisissant sa main, je lui retournais le bras, que je fracassais d'un coup de genou, le craquement écœurant des os couvert par son hurlement de douleur. Aussitôt toute sa bande réagit, tirant couteaux et revolvers de leurs vestes, et le barman tenta immédiatement de s'interposer, quittant l'arrière de son comptoir pour venir se placer entre moi et le groupe d'hommes armés.

- Eh les mecs, j'veux pas de ça ici ! Commença t-il d'une voix mal assurée. Laissez-là partir, et je n'appellerais pas la po...

Un coup de feu retentit, et le pauvre homme s'effondra sous mon regard horrifié. Je le rattrapais avant qu'il ne heurte le sol, une tâche rouge imbibant sa chemise au centre de sa poitrine alors qu'il se vidait de son sang, son regard sombre devenu désormais vitreux. Je fermais doucement ses yeux, presque avec tendresse, et, relevant la tête, je croisais le regard de celui qui avait tiré, celui-ci pointant à présent le canon de son arme sur moi.

- Pas de bol ma belle, nous on voulait juste jouer...commença t-il, menaçant. Maintenant, tu vas juste crev...

- Parfait...susurrais-je, déposant délicatement le cadavre du barman à terre. C'est du sang que vous voulez ?...continuais-je, me redressant lentement alors que mon regard virait au rouge intense. Parfait. Rien de tel que le sang pour laver la peine et ma peine est immense. Vous allez tous crever, crachais-je alors que leurs armes leur échappait des mains tendis que deux lames de sabre apparaissaient dans les miennes, au tranchant plus affuté que des lames de rasoir.

* * *
"Dans un bar d'une petite ville paumée du Missouri, à une heure bien avancée de la nuit, les lumières s'éteignent brutalement après un déchainement de violence sans pareille. Derrière les vitrines, si témoin il y avait eu, il aurait pu voir une femme, grande et mince, au visage émacié et au yeux couleur sang soulignés de cernes noires et profondes, massacrer presque avec facilité une dizaine d'hommes tous pourtant plus forts qu'elle et visiblement habitués à emporter tous leurs combats. Mais cette femme, en quelques voltiges qui avaient fait danser sa longue chevelure de nuit, avait découpé ces hommes sans qu'ils ne puissent rien faire d'autre qu'hurler et tenter de fuir – juste tenter.

Elle n'en avait épargné aucun, noyant le sol de carrelage clair sous un flot vermeil, se maquillant du sang de ses victimes, avant d'éteindre les lumières et de quitter ce bar pour disparaître au coin d'une rue, son long manteau noir flottant derrière elle comme une seconde ombre, la semelle de ses bottes de cuir noir ponctuant le trottoir de traces sombres et brillantes. Alors qu'elle passait sous un réverbère, on aurait pu apercevoir un scintillement sur sa joue – mais ce n'était pas du sang."


Dernière édition par Farfaya le Sam 19 Fév - 16:24, édité 9 fois


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Re: Carnet de Farfaya

Message par Farfaya le Mer 22 Déc - 23:23

Jour 14 sans Toi.

Assise à la fenêtre de ma chambre d'hôtel, je ne sens pas le froid mordre ma peau au travers de mes vêtement, tout entière à ma contemplation des étoiles. Pour la première fois depuis que tu m'as quitté, la nuit est claire, et le ciel dépourvu de nuage m'offre sa splendide parure de diamant à contempler. La lune est presque pleine, illuminant le monde en contre-bas de sa lueur argenté presque comme en plein jour, nimbant la ville d'un halo fantomatique. Encerclée d'étoiles aux lueurs plus ou moins vives, je fixe l'astre depuis ce qui me semble être une éternité, un léger sourire étirant mes lèvres.

Calée contre l'encadrement de la fenêtre, j'ai ramené mes cheveux sur mon épaule, qui cascadent jusqu'à l'extérieur de la fenêtre comme un fleuve d'encre noire et luisante. Mon bras droit ramené contre moi, le gauche pend dans le vide, inerte. La tête rejetée en arrière, je souris à la lune et aux étoiles, mon regard argent réfléchissant le scintillement des astres, et si j'en avais eu la force, j'aurais même pu échapper un léger rire...si j'en avais eu la force. Mais le peu de force qu'il me restait s'écoulait à présent en un mince filet rouge sombre le long de mon bras, puis jusqu'au bout de mes doigts, parsemant quelques mètres plus bas le trottoir de gouttelettes pourpres.

Jamais, même dans mes années de décadences les plus profondes, je n'avais été jusque là pour essayer de me défaire un peu de ma douleur de vivre. Les manches de mon épais pull noir, remontées jusqu'au dessus des coudes, dévoilaient l'intérieur de mes avant-bras à la peau blafarde lacérés de profondes entailles horizontales, serrées les unes à la suite des autres. Sur mon avant-bras droit, les blessures les plus proches du coude formaient déjà des croûtes, signe de leur ancienneté. Les plaies s'étendaient jusque sur mon poignet, tailladant la moindre parcelle de peau tendre jusqu'à ce que je me soit résolue à changer de bras. Sur mon bras gauche, les entailles, réalisées en rangs bien serrés les unes à la suite des autres, s'arrêtaient à mi-chemin vers mon poignet – les trois dernières, fraichement ouvertes, ruisselaient d'un sang vermeil le long de mon bras, puis sur ma main, avant de s'égoutter lentement sur le trottoir en bas depuis le bout de mes doigts.

Je restais ainsi immobile, ne faisant pas un geste pour tenter de stopper l'écoulement du sang que je perdais, fidèle au rituel qui était désormais devenu le mien. Chaque nuit, à chaque nouvelle ville, à chaque nouvel hôtel, à chaque fois que je m'éloignais un peu plus de toi, je m'infligeais une nouvelle coupure, une nouvelle souffrance – une nouvelle renaissance. Chaque prétexte était bon pour m'entailler le bras d'une mince ligne sanguinolente, et à chaque élancement de douleur, à chaque nouvelle coupure, je ressentais cette même étrange euphorie que celle qui m'avait étreinte lorsque je m'étais faite tatouer les kanji de la terre dans le bas du dos ; et à chaque fois, la douleur sourde de la lame mordant ma chair faisait battre mon cœur plus vite et agitait mon corps de frissons, comme s'il renaissait à chaque fois pour mieux mourir lorsqu'enfin je me décidais à stopper l'écoulement de sang pour enrouler une bande blanche autour de mes avant-bras lacérés.

Enfin, lorsque la lune disparut de mon champ de vision, après un temps dont je ne parvenais plus à juger correctement la course, je relevais mon bras devant mon visage, à hauteur d'yeux. Le sang avait cessé de couler de lui-même, durcissant en de minces filets sombres le longs de mon bras, telle la toile d'une araignée frappée de folie. Soupirant, je laissais retomber mon bras, avant de me décider à déplier mes jambes pour poser mes pieds sur le sol de ma chambre. Plongée dans l'obscurité la plus totale, on distinguait pourtant un petit tas clair au pied du lit, et je me penchais en soupirant, ramassant les bandages avec difficulté. Prise de vertige, je me laissais retomber sur mon lit, attendant quelques secondes que le monde cesse de tourner pour basculer sur le dos.

Levant mon bras droit, je commençais par lui, enroulant méthodiquement la bande tachée de sang séché autour de mes blessures, descendant jusque sur mon poignet, avant de coincer sommairement le bout du bandage dans son propre pli. Attrapant l'autre bande, je m'occupais rapidement de mon bras gauche, puis je rabaissais les manches de mon pull et laissais retomber mes bras au-dessus de ma tête. Je restais ainsi, plus immobile qu'une statue, si on omettait le faible mouvement de ma poitrine se soulevant et s'abaissant lentement, la dernière chose, de mon humble avis, qui pouvait encore permettre un étranger de me qualifier de "vivante".

Mais je n'étais pas "vivante". Je ne l'étais plus. J'étais morte bien avant toi, et maintenant que tu m'avais repris la faible étincelle de vie que tu m'avait communiquée, me convainquant malgré moi qu'il fallait que je tienne encore un peu, que ça en valait la peine, ma nuit, que tu avais illuminé de ce bref éclair, était plus noire que jamais, laissant sur mes prunelles le souvenir de cet éclat de lumière qui n'avait fait au final que m'aveugler d'avantage. Et pour de bon.

Denaro avait raison...ça ne pouvait continuer ainsi. Je ne pouvais continuer ainsi. Dehors, la froide lueur de l'aube réveillait lentement un monde dont je ne faisais plus partie depuis longtemps, et dont, maintenant que tu n'y étais plus, je ne voulais plus faire partie. Il était inutile de m'infliger encore longtemps la douleur de vivre, ça ne me menait à rien. Ça ne m'avait jamais mené à rien.

Lentement, je m'assis sur le bord de mon lit, un nouvel et dernier éclat de détermination illuminant mon regard argent terni par la fatigue et la douleur. Mais plus pour longtemps. Je me relevais enfin et attrapais mon long manteau noir, que j'enfilais d'un mouvement fluide, me dirigeant vers la porte de ma chambre, que je refermais doucement derrière moi, avant de m'éloigner dans le couloir d'un bon pas. J'avais un nouvel objectif.

Mon ultime objectif.


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