Un repas de minuit [Privé]

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Un repas de minuit [Privé]

Message par Azylis le Jeu 22 Mai - 5:41

Je n'écoutais plus ce qu'il me disait. J'entendais sa voix, mais ne saisissait plus le sens de ses mots. Pas après avoir vu cette expression sur son visage. Finalement, même quand j'essayais de limiter les dégâts, je parvenait quand même à aggraver les choses. Je dois vraiment avoir un problème...

Je restai immobile, mes bras entourant fermement mon corps, le regard vide. C'est à peine si j'entendis la porte se refermer sur lui. Je me mordis la lèvre inférieur pour l'empêcher de trembler à son tour, plantant mes ongles dans ma chair, mais la douleur physique était bien faible comparée à celle que je ressentais en moi. Mes épaules furent soudain secouées d'un sanglot incontrôlé, je plaquai vivement ma main sur ma bouche pour étouffer le son qui s'en échappa. Ce n'était pas vrai... ça ne pouvait pas se finir comme ça, c'était trop stupide. Une plainte m'échappa tandis qu'un trait humide coula le long d'une de mes joue. Ça ne pouvait pas recommencer, pas encore ! Allais-je le perdre lui aussi ? A cette idée ma plainte s'intensifia, pour se muer en un sanglot étranglé. Je sentis mes jambes se dérober sous moi, et tombai à genoux dans cette maudite cuisine qui me semblait bien hostile à présent. Quelque chose d'humide et de tiède se frotta à ma joue, essuyant ainsi la larme. Je n'avais même pas entendu Fenrir s'approcher. Il affichait un regard désolé, et me donna un petit coup de museau dans le cou, semblant se méfier de ma réaction. Il n'en fallut pas plus pour que je n'éclate en sanglot en me jetant contre son encolure, fourrant mon visage et mes mains dans son épaisse fourrure. Le barrage de mon esprit céda, et il vacilla légèrement sous l’afflux d'émotions, de pensées contradictoires et douloureuses qui affluaient dans le sien. J'entendais à peine ma voix débiter des phrase totalement incompréhensibles tant elles étaient inarticulées et noyées dans mes pleurs. Je n'avais aucune envie de me calmer, je voulais juste évacuer cette douleur qui me lacérait le coeur, la faire disparaitre.

J'ignore au bout de combien de temps, j'avais perdu la notion du temps, mais Fenrir me força silencieusement à monter sur son dos, où je m'allongeai tant bien que mal, le visage toujours fourré dans ses poils, et les épaules secouées de sanglots, mais silencieux cette fois. Il avait raison, je n'avais qu'une hâte à présent : retourner dans ma chambre, me coucher sur le lit et dormir très longtemps. Suffisamment pour oublier tous mes échecs des derniers jours.
Par chance, nous ne croisâmes pas âme qui vive, ou en tout cas je n'en eu pas l'impression : je ne regardais absolument pas les alentours. Lorsqu'il s'arrêta, je relevai péniblement la tête, étonnée qu'on soit déjà arrivés. Mais ce n'était de toute façon pas le cas, et l'entendre gratter à la porte me le confirma : ce n'était pas devant ma porte qu'on se tenait.


avatar
Azylis




Messages : 1254
Age : 26

Feuille de personnage
Âge: Va savoir... j'ai la jeunesse éternelle !
Pouvoirs: Je guéris et me multiplie !
Animae: Tu vois le beau loups gris là bas, qui pourrait te bouffer en une bouchée ? Ben c'est lui ! :3

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un repas de minuit [Privé]

Message par Kazuma le Ven 23 Mai - 0:34

Je vais l'avoir ! Je vais l'avoir ! Je ne sais pas depuis combien de temps j'étais en train de courir mais ce con de château me paraissait toujours aussi loin. Pourtant, il faut que j'arrive à l'atteindre et j'y arriverai ! Je continuai de courir dans sa direction jusqu'à ce que je tombe sur un arbre planté au milieu de la route.

- Putaiiiiiiin ! Râlai-je en m'agrippant dessus pour commencer à l'escalader.

Faut que je me grouille sinon je vais perdre le château de vue ! Je parvins au sommet de l'arbre sans même être à bout de souffle (like a god !) et sans attendre, je me laissai retomber pour atterrir au pied de ce dernier avant de reprendre ma course. Le château était encore plus loin que tout à l'heure maintenant ! Putain d'arbre de mes deux ! 

Alors que je recommençais à gagner du terrain, je tombai cette fois sur un rond-point (sans bagnoles pour tourner autour). Avec un nouveau juron, je me pressai de commencer à le contourner mais soudain, j'entendis un bruit bizarre provenant du centre du rond-point. Je m'arrêtai pour y jeter un œil mais ne remarquai rien de bizarre. Le bruit devint de plus en plus fort et une fissure apparut sur le rond-point, puis une autre, et encore une autre. Elles finirent par se rejoindre et un grand trou apparut au centre du rond-point. C'est là que je vis quelque chose commencer à en sortir et...


... je me réveillai. J'ouvris les yeux sans rien y voir vu que j'étais toujours dans le noir. Je mis un certain temps à percuter ce qui m'arrivait. Putain c'était quoi ce rêve à la con qui voulait rien dire encore ? Et surtout : c'est quoi ce putain de clébard qui gratte à ma porte et m'a réveillé au meilleur moment ?? À cause de lui, je saurai jamais ce que c'était la bestiole qui allait sortir de ce putain de trou !

En entendant que ce con continuait de gratter à ma porte, je perdis le peu de patience qu'il me restait.

- Tu vas entendre parler du pays, putain de clébard ! Marmonnai-je en me levant, torse nu, et en attrapant mon sabre au passage.

Une fois devant la porte, je l'ouvris d'un coup sec, le sabre en l'air d'un air menaçant pour faire déguerpir ce con de clebs qui m'empêchait de dormir.

- Tu vas foutre le camp espèce de- Ah c'est toi Fen' ? Sorry mauvais étage, mauvaise piaule. Dis-je d'un air endormi en laissant retomber mon bras le long de mon corps en sentant la fatigue me rattraper.

Là-dessus, je refermai la porte et retournai me couc- Attends, il trimbalait pas un truc sur son dos ? Je rouvris la porte sur Fen' et écarquillai mes superbes yeux en voyant Azy'-chan étalée sur son dos.

- C'est quoi ce bordel ? Qu'est-ce qui s'est passé ? M'exclamai-je sans rien percuter.

Sans attendre de réponse (de toute façon, je vois mal Fen' pouvoir ME répondre), je pris Azy'-chan dans mes bras et l'emmenai dans ma piaule en laissant la porte ouverte pour le loup. Je la posai sur mon pieux et allumai la lampe de nuit pour mieux l'examiner. Bon déjà, elle était éveillée. Elle était encore fringuée "normalement" (c'était pas des fringues pour pioncer quoi) mais semblait complètement à l'ouest et vu la tronche de son œil, yavait pas longtemps qu'elle avait pleuré. Je la recouvris jusqu'au cou avec mes draps pour l'aider à se réchauffer et attrapai une chaise pour m’asseoir à côté.

- Qu'est-ce qui t'est arrivé pour être dans cet état ? Finis-je par lui demander, doucement pour éviter de la brusquer mais pas très rassuré.
avatar
Kazuma




Messages : 823
Age : 28

Feuille de personnage
Âge: 23 ans
Pouvoirs: Contrôleur d'Ombres
Animae: Alina, une chouette au plumage couleur neige

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un repas de minuit [Privé]

Message par Azylis le Sam 24 Mai - 6:04

Lorsque je vis la silhouette d'Hishigi apparaitre de nouveau dans l'encadrement de la porte, j'enfouis mon visage dans la fourrure de mon animae pour cacher mes larmes, mais il n'en entendait apparemment pas de cette oreille et prit dans ses bras le paquet encombrant que j'étais devenue. Je cachai de nouveau mon visage, dans mes mains cette fois, mais en ayant tout à fait conscience qu'il était trop tard. Mais la simple idée que quelqu'un d'autre que Fenrir me voit dans un tel état de faiblesse me répugnait. Oh bien sûr Hishigi était différent, ce n'était pas la première fois, mais ça ne me faisait pas plaisir pour autant.

Une fois sous les draps, je me recroquevillai sur moi même en position fœtale, serrant les genoux contre ma poitrine. Je restai silencieuse un bon moment, des larmes, silencieuses cette fois, coulant le long de mes joues. On entendit le son d'une porte qu'on referme et un bruit sourd d'un corps massif se couchant dans un coin éloigné de la pièce. Fenrir semblait préférer nous laisser un minimum d'intimité.

- J'ai...

Je me mordis fortement la lèvre inférieure, serrant mes paupières pour effacer l'image de l'expression d'Akira, ce mélange de regrets et de souffrance.

- J'ai... je sais pas...

Ma voix se brisa dans les aigües tandis que je serrais les poings.

- J'ai encore tout fait rater... mais je sais pas comment...

Je relevai un regard désolé vers lui, un sourire faible et désabusé sur les lèvres.

- Et toi aussi je te perdrais si je continue. Mais je sais pas comment l'éviter, gémis-je, un nouveau sanglot me secouant les épaules. Je suis un cas désespéré faut croire.


Je lâchai mes genoux pour empoigner les draps et fourrer mon visage dedans, appuyant fortement mes poings contre mes orbites. J'eus un reniflement étouffé par l'épaisseur du tissus. Mes lèvres tremblaient tandis que je ressassais la scène de la cuisine encore et encore. Je devais être sacrément masochiste...


- Je crois...

J'émergeai mon visage de dessous les draps et levai vers Hishigi un regard brillant de larmes.

- Je crois que j'ai blessé Akira... Pourtant j'avais le droit d'être en colère. Et je ne sais même pas comment et quand !
avatar
Azylis




Messages : 1254
Age : 26

Feuille de personnage
Âge: Va savoir... j'ai la jeunesse éternelle !
Pouvoirs: Je guéris et me multiplie !
Animae: Tu vois le beau loups gris là bas, qui pourrait te bouffer en une bouchée ? Ben c'est lui ! :3

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un repas de minuit [Privé]

Message par Kazuma le Lun 26 Mai - 17:04

J'aimais pas la voir comme ça. Déjà parce que du coup, je pas ronquer tranquille et aussi parce mine de rien, c'était triste à voir comme spectacle. Quand elle parvint à sortir une phrase à peu près correcte, je fus tenté de lui sortir une connerie du genre "je t'avais dit de pas cuisiner sans m'appeler !" mais la voir en larmes comme ça m'en coupa l'envie (elle aurait juste été sur les nerfs, là ça aurait été différent). Par contre je haussai un sourcil quand elle dit qu'elle finira par me perdre aussi.

- C'est quoi ces conneries encore ? T'as pris ta première cuite, c'est ça ? Soupirai-je en la fixant comme si elle avait perdu un fusible.

Ou alors elle a fait un cauchemar, mais quand même, de là finir dans cet état ! La dernière fois que je l'avais vue débarquer dans ma piaule en larmes, c'est quand elle s'était brouillé avec l'autre gay de visual (il traîne toujours avec ses groupies - qui sont des "mecs" (à ce stade, j'appelle plus ça des mecs) - et j'ai même pas envie de savoir si c'est qu'avec ses piercing qu'il bouche tous ses trous.

*Là, c'est dégoûtant, même pour moi. *

* Sorry, mais les gays, j'ai du mal, surtout ceux qui font pleurer ma Azy'-chan. *

Bref, toujours est-il qu'il a une gueule de gay (un visual, ça transpire pas la testostérone), a un comportement de gay et traîne avec deux autres encore plus gays). Du moins, c'est ce que j'avais déduit quand j'avais remarqué qu'il tirait la gueule pendant la période où Azy'-chan était pas bien (ou alors, c'est le fait d'avoir traîné avec une fille pour la première fois de sa vie : j'ai entendu dire qu'il sortait avec... merde j'ai zappé son nom, je me rappelle juste qu'elle a un gros poney pour animae, et il croyait qu'il pouvait gérer sur les deux fronts mais en fait ya qu'avec les mecs que ça passe (enfin "ça passe", façon de parler hein, bref, on s'en fout, ça devient dégueux là)).

Mais cette fois au moins, je pus être sûr de mon coup et même de l'identité de celui avec qui elle s'était brouillée, signe que là, ça devait encore plus l'avoir atteinte que l'autre fois (ainsi que l'autre fois où elle est venue me demander conseils pour savoir comment se réconcilier avec quelqu'un). 

- Le piaf ? M'étonnai-je.

- Décidément, tu t'engueules avec tout le monde en ce moment ! Remarquai-je.

Gros blanc.

Mouais, c'était peut-être encore un peu tôt pour ce genre de vanne. Je toussotai pour briser le silence.


- Bref, raconte tout à papa Kazu ! Qu'est-ce qu'il t'a fait pour te mettre en rogne ? Et tu lui as fait quoi exactement ? Tu l'as blessé physiquement ou moralement d'abord ?

Dans les deux cas, je sais pas ce qui serait le mieux : si c'est moralement, je peux pas dire si ce sera coton ou pas de les réconcilier vu que j'ai jamais vu le piaf en rogne et si c'est physiquement, ben dans un sens il doit avoir l'habitude s'il a bien Anikeï comme mentor (mais d'un autre côté, le prestige des Heren en prendrait un coup : déjà qu'avec Mister Freeze, ça doit pas être évident de compenser ces excès de rage alors si une autre Heren se met aussi à s'en prendre à un Istari, déjà niveau hypocrisie elle va vite monter les échelons vu qu'à chaque fois qu'elle cite Anikeï c'est pour le traiter de cinglé sanguinaire et que pour le coup, elle suivrait son exemple, mais en plus les Heren risquent de finir fichés comme des dictateurs tortionnaires. "Rejoignez-nous" qu'ils disaient).

Je me levai et me dirigeai vers mon évier pour attraper une tasse que je préparai et passai au micro-onde. Une minute plus tard, je revins au chevet d'Azy'-chan et lui tendis ladite tasse qui contenait un chocolat chaud.

- Fais gaffe, c'est chaud. La prévins-je.
avatar
Kazuma




Messages : 823
Age : 28

Feuille de personnage
Âge: 23 ans
Pouvoirs: Contrôleur d'Ombres
Animae: Alina, une chouette au plumage couleur neige

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un repas de minuit [Privé]

Message par Azylis le Sam 28 Juin - 5:23

Je baissai le regard pour fixer mes poings. Mon sale caractère n'était un secret pour personne, mais je devais avouer que je faisais fort ces derniers temps. Tant que ça touchait des gens qui ne m'intéressaient pas, je m'en fichais éperdument. Mais ce soir était une toute autre histoire.

Un faible sourire étira mes lèvres en entendant le "papa Kazu" : je pouvais difficilement prétendre le contraire dans cette situation, même si je me demandais toujours d'où il sortait son "Kazuma", étant donné que ça n'avait aucune ressemblance avec "Hishigi".

- Quitte à choisir, je préfèrerais "Hishi-nii", chuchotais-je doucement, mais je m'en contenterais pour ce soir.

Je levais tout de même vers lui un regard reconnaissant, et le remerciai d'un hochement de tête.

- Et non, je ne l'ai pas frappé.

Doucement mais sûrement, je parvenais à articuler plus facilement mes phrases et à les rendre plus compréhensives. La présence d'Hishigi devait y être pour beaucoup, j'en aurais mis ma main au feu. Qu'importe le nom qu'il veuille prendre, il restera toujours "mon" Hishigi.

- En tout cas il n'avait rien fait qui puisse le mériter cette fois.

Quand Hishigi se dirigea vers son évier, j'en profitai pour me redresser et m’assoir plus convenablement. Lorsqu'il fut de nouveau à mes cotés, je finissais à peine d'essuyer mes yeux gonflés par les larmes. J'attrapai la tasse brulante qu'il me tendait et la posa précautionneusement sur mes cuisses.

- Merci.

Je soufflai doucement sur la surface chocolatée et en but une petite gorgée, qui me réchauffa délicieusement. Les yeux dans le vague, je me perdis dans la contemplation de mon reflet brouillé à la surface de ma boisson. Après une hésitation, je pris une grande inspiration et me lançai dans mon récit. Je lui racontai tout ce que je considérai important, depuis mon coup de blues en passant par son étreinte de réconfort, de nos petites vannes au dérapage stupide de la nourriture. Le moment où il avait faillit me planter pour me laisser tout ranger, et l'indignation que j'avais ressentie. La colère qui en avait résulté et ma conclusion glaciale de le laisser partir. Le fait qu'il m'ait finalement aidé, mais dans une ambiance à la fois tendue et amère. Notre séparation. Son regard. Ma tentative pour rattraper le coup, qui se fini en un cuisant échec que je regrettais bien plus que je ne l'aurais pensé. Son aurevoir tellement distant. Mes regrets. J’omettais seulement notre baiser et son nouveau talent pour les langues étrangères, ne sachant pas s'il voulait que ce dernier se sache ou non. A la fin de ma dernière phrase, des larmes silencieuses coulaient de nouveau sur mes joues et ma voix se brisa.

- Je ne sais pas où ça a dérapé pour de vrai... Je ne comprends pas... J'étais en droit d'être en colère ! C'était dégueulasse de me faire un coup pareil pour deux cuisses de poulet, non ? Alors pourquoi j'ai encore l'impression que c'est encore moi qui ai encore tout fait foirer ? C'est tellement stupide !


un gémissement plaintif s'échappa de ma gorge tandis que je posai la tasse à demis bue sur une table de nuit pour ensuite enserrer mes genoux dans mes bras et y poser mon front.

- J'ai l'impression que je lui ai fait du mal... il avait l'air triste... je ne sais même pas si c'est vrai ou pas. Mais son regard... ça m'a fait mal au coeur.

Un sanglot me secoua les épaules quand l'image d'Akira quittant la cuisine s'imposa à mon esprit. Ce n'était pas ma faute ! J'avais pourtant tellement envie de remonter le temps.


avatar
Azylis




Messages : 1254
Age : 26

Feuille de personnage
Âge: Va savoir... j'ai la jeunesse éternelle !
Pouvoirs: Je guéris et me multiplie !
Animae: Tu vois le beau loups gris là bas, qui pourrait te bouffer en une bouchée ? Ben c'est lui ! :3

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un repas de minuit [Privé]

Message par Kazuma le Dim 29 Juin - 20:25

Je répondis rien mais je sens qu'elle va en chier pour oublier le "Hishigi". On dirait une petite vieille qui panique quand on lui annonce qu'un truc va changer dans son train-train (ah ça les vieux, ils aiment pas quand on leur chamboulent leurs petites habitudes de fin de vie). Pour le coup, je sais pas comment elle a fait pour s'adapter au passage de mon vrai nom à mon nom de Valar.

Une fois sa tasse à la main, je la laissai me raconter son histoire - en me demandant quand même combien de temps ça allait prendre. Mine de rien, j'ai pas encore fini ma nuit, je pète pas la forme non plus ! - et notant qu'elle arrivait déjà de mieux en mieux à articuler. Ouais, j'avais entendu parler de cette histoire sur Asuka-chan qui était partie du Val' pour rejoindre les zigotos d'en face.

Quand elle eut terminé et qu'elle se remit à avoir un sanglot, je posai ma main sur son épaule que je massai doucement pour essayer de la calmer, sans trop savoir par où commencer.

- Je t'aime beaucoup ma petite Azy'-chan mais là pour le coup, je trouve pas beaucoup de raisons pour blâmer le corbac. Annonçai-je en me passant la main dans les cheveux en priant pour qu'elle ne se mette pas dans tous ses états.

- Bon, j'ai pas sa versions des faits et chui pas télépathe, donc ya rien de sûr quant à ce que je vais dire, mais bon la perfection et Moi, on a toujours été intimes donc bon. Précisai-je avec un sourire en coin.

- Bon déjà, j'avoue que vouloir te laisser ranger la cuisine en bordel pour deux cuisses de poulet, c'est clairement abusé, surtout qu'en plus, il savait que t'avais le moral dans les chaussettes. Commençai-je.

- Puis, je pars aussi du principe que, même s'il a pas l'air d'avoir inventé l'eau chaude, c'est pas un mauvais gars, surtout quand on sait qui il a pour mentor. Continuai-je.

Je marquai un temps d'arrêt pour réfléchir par où commencer.


- Même s'il n'y a pas que de ça, je pense que le facteur blues à joué de son côté aussi. T'as vu dans quel état cette histoire avec Asuka-chan t'a mise ? Alors t'arrives à imaginer dans quel état doit être le piaf ? Ça fait même pas cinq jours qu'il a vu une amie dont il était proche se barrer - parce que, pour être venus me demander d'aller faire un tour un Tokyo rien qu'eux deux, ils devaient être un minimum proches quand même, et même à leur manière de se battre ensembles contre Moi, ça se sentait qu'ils sont pas mal synchros - sans compter qu'elle a essayé de le zigouiller en prime. Elle avait beau être influencée par les autres, ça n'empêche que le piaf s'est pris à la tronche un "je me barre d'ici et c'est de ta faute". Ça a beau ne pas être vrai, il se l'est quand même pris en pleine tronche sans l'avoir senti arriver et à moins d'être un psychopathe, il a beau avoir l'air d'aller bien, il doit être bien atteint. Sans compter qu'en plus, Alice-chan a rapporté que son Griffon aussi a failli se faire arracher le cou et en crever. Pour se remettre de ça en quatre jours, faut vraiment s'appeler Anikeï. Expliquai-je.

- Après, même si c'était assez disproportionné pour deux cuisses de poulets, faut reconnaître que tu l'as bien cherché aussi : il te prévient clairement qu'il supporte pas qu'on touche à sa bouffe et t'attends même pas deux minutes pour lui en repiquer sous son bec. 
Sur une échelle de un à dix, je trouve qu'il dépassait pas les cinq-six. Moi à sa place, j'aurais au moins commencé par te balancer le plat à tronche ou plonger ta tronche dans le plat et j'aurais pété d'autres vaisselles pour te donner encore plus de boulot avant de me barrer. Il a pas été aussi dégueulasse que tu le penses. 
Il a beau être bonne poire, c'est pas toujours bon de jouer avec les nerfs de quelqu'un qui encaisse depuis un moment sans rien dire, surtout quand il vient de subir la perte d'une proche. Continuai-je en guettant l'expression de son visage au cas où elle commencerait à mal le prendre.

- Après, faut savoir qu'au Japon, dès l'enfance, on nous éduque avec l'idée de TOUJOURS se montrer respectueux envers nos aînés et supérieurs. Il a beau être un peu plus vieux que toi, tu restes une supérieure hiérarchique et même inconsciemment, il se doit d'être respectueux envers toi. 
Sauf que pour le coup, il devait tellement te considérer comme une amie proche qu'il a fini par oublier ce principe et il en est arrivé à te faire ce coup de salaud que quelqu'un de normal aurait fait à une personne avec qui il se sent suffisamment intime pour espérer la voir avoir une réaction plus... "normale" : qu'elle soit soit agacée, qu'elle gueule sans gueuler, qu'elle tente de s'excuser, de négocier etc. Mais quand on fait ce genre de coup à un pote, on ne s'attend certainement pas à ce qu'il ait la réaction que toi, t'as eu. Il ne devait pas se douter que tu ne supporterais pas qu'on te fasse ce genre de coup. 
Et du coup, ta réaction a dû lui rappeler que justement, la supérieure hiérarchique, c'est toi et que vous n'êtes pas égaux. Je serais tenté de penser que c'est pour ça qu'il t'as ensuite regardé comme ça : à ses yeux, tu venais de lui faire comprendre que vous n'êtes pas aussi proches qu'il le pensais et qu'il se devait d'être respectueux envers toi. Tu rajoutes ça à ce qu'il doit traîner sur le cœur depuis quatre jours et j'ai pas trop de mal à croire qu'il ait eu l'air triste : c'est un peu comme s'il venait de perdre une autre amie. Poursuivis-je avant de me rendre compte que ma propre expression s'était attristée.

Je me repris rapidement mais espérai qu'Azy'-chan n'avait rien vu. 


- Et sinon, pour sa passion de la bouffe, là je suis encore moins sûr de mon coup que tout à l'heure mais bon, ça reste une hypothèse plausible. Ce n'est pas un héro de manga, il est pas obèse, il a pas une merde du genre le ver solitaire - je pense que tu l'aurais détecté sinon - et c'est pas un testeur de bouffe. Du coup, même si je pense que le fait qu'il passe ses journées à s'entraîner et que le pouvoir de Morphe est mine de rien un des pouvoirs les plus épuisants physiquement - son corps ne cesse de changer et rechanger de forme, de couleur, de taille, ça doit en brûler des calories - joue beaucoup, je pense qu'il a vécu un moment donné dans la rue. Pour être autant à fond sur la bouffe, je pense qu'il s'est rendu compte de son importance pour vivre et de la difficulté qu'on peut avoir à s'en procurer quand on n'a pas les moyens. Alors maintenant qu'il est dans un endroit où il peut en avoir autant qu'il le veut et qu'il a un pouvoir et fait des activités qui nécessitent de bien bouffer pour rester en forme, il en profite. c'est peut-être pour ça qu'il a des réactions disproportionnées quand il s'agit de bouffe. Raisonnai-je.

- Enfin, encore une fois, tout ça, ce sont juste des hypothèses, c'est peut-être carrément autre chose hein. Précisai-je quand même.

Là-dessus, je posai mes mains sur les épaules d'Azy'-chan et approchai mon visage du sien pour plonger mes superbes yeux bleu océan dans les yeux en lui accordant un sourire tendre.


- Mais il a beau être l'apprenti d'Anikeï, il lui reste symétriquement opposé : c'est quelqu'un de gentil qui est capable de pardonner. Si tu le veux vraiment, il te pardonnera. Mais là, c'est la supérieure hiérarchique qui devra faire le premier pas pour lui faire comprendre qu'elle est accessible même si vous n'aurez jamais le même niveau hiérarchique. Lui dis-je doucement.
avatar
Kazuma




Messages : 823
Age : 28

Feuille de personnage
Âge: 23 ans
Pouvoirs: Contrôleur d'Ombres
Animae: Alina, une chouette au plumage couleur neige

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un repas de minuit [Privé]

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum